La biodiversité sous les feux du réchauffement climatique

- temps de lecture approximatif de 9 minutes 9 min - Modifié le 04/07/2016 par Bibliothèque municipale de Lyon

Le réchauffement climatique menace l'ensemble des espèces vivantes de la planète, la biodiversité et les écosystèmes, qu'ils soient sauvages ou domestiqués par l'homme.

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Les trois à cent millions d’espèces estimées vivant sur Terre ont développé chacune une stratégie pour vivre ou survivre en lien avec leur écosystème. Mais le réchauffement climatique menace… Il menace l’homme et son environnement. La rapidité du changement climatique actuel contraint en effet gravement les écosystèmes actuels et questionne leur pérennité. Il menace à terme la planète d’une extinction massive, en raison d’un manque de réactivité et d’adaptabilité des espèces vivantes aux nouvelles conditions bioclimatiques.

Sommaire
1. Préambule : un point sur le réchauffement climatique
2. Les atteintes à la biodiversité dans les écosystèmes sauvages
3. Les atteintes à la biodiversité dans les écosystèmes domestiqués par l’homme
4. Un cercle vicieux

1. Préambule : un point sur le réchauffement climatique

Depuis les années 1980, les scientifiques, grâce à des observations météorologiques, ont relevé une hausse récente des températures tout autour de la planète : c’est le réchauffement climatique. Il résulte de modifications de l’environnement terrestre engendrées par des événements naturels et/ou anthropiques.

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Le Changement climatique
La Documentation française


On lira pour une synthèse sur le sujet, le numéro des Etudes de la Documentation française intitulé le changement climatique, sous la direction d’Aurélie Vieillefosse, édité à l’orée de la conférence de Copenhague. Cet ouvrage pédagogique et concret analyse les différentes dimensions du changement climatique. Il tire un premier bilan, au niveau international, des différents protocoles engagés, et notamment du protocole de Kyoto, avec pour objectif d’aboutir à un accord lors de la Conférence de Copenhague de décembre dernier.

Le dossier Repère Changement et réchauffement climatique : l’homme face à un climat en crise vous permettra d’appréhender les différentes problématiques du réchauffement climatique en cours.

2. Les atteintes à la biodiversité dans les écosystèmes sauvages

Les animaux et plus encore les plantes sont répartis selon des zones biogéographiques, mêlant latitude et altitude, très liées aux conditions climatiques, et donc principalement caractérisées par la température et la pluviosité. Au cours du temps, les êtres vivants se sont adaptés aux multiples fluctuations du climat. Cependant, la répétition d’événements extrêmes menace la capacité des écosystèmes à revenir à leur point d’équilibre initial.
L’élévation brutale – à l’échelle des temps – de température induira donc une modification des écosystèmes locaux. De plus, le réchauffement climatique va de pair avec l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone dans l’air. Les conséquences n’en sont que plus complexes à prédire. Pour les végétaux par exemple, tandis que l’augmentation du CO2 devrait faire augmenter l’activité photosynthétique de 30%, le réchauffement climatique devrait quant à lui faire démarrer plus tôt dans l’année le développement biologique et le réduire en raison des fortes chaleurs et de la baisse de la pluviosité. Les documents suivants vous permettront de vous faire une idée sur les menaces que fait peser le réchauffement climatique sur la biodiversité.

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Vuibert


Changements climatiques & biodiversité, sous la direction de Robert Barbault et d’Alain Foucault, Vuibert, 2010
Cet ouvrage collectif présente différentes études sur les conséquences du changement climatique sur le monde vivant et la biodiversité. Les études puisent dans des exemples récents, concernant les poissons, la flore méditerranéenne et la végétation du Maghreb.

Le dossier Internet de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) traite de l’impact du changement climatique et cherche à travers les travaux scientifiques réalisés à évaluer et prédire les impacts sur les milieux naturels et cultivés : quel sera ou quel est l’impact sur la physiologie et la répartition spatiale des plantes, l’impact sur les écosystèmes aquatiques, les prairies, etc.

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CNRS images


Des coraux pour décrypter le climat, réal. de Fabrice papillon et Pierre Grillot, CNRS Images, 2006
Ce DVD relate la mission Tahiti Sea Level, travail de dizaines de techniciens et scientifiques qui forent les profondeurs du Pacifique en quête d’une nouvelle histoire du climat. Le corail apparaît ici comme le témoin et la victime du changement climatique de notre planète et la situation précaire de certains atolls du Pacifique montre l’urgence d’une action rapide et coordonnée des pouvoirs publics du monde entier.

Evénements climatiques extrêmes : réduire la vulnérabilité des systèmes écologiques et sociaux, sous la dir. de Henri Décamps, EDP Sciences, 2010
Ce rapport de l’Académie des Sciences fait le point sur l’activité des écosystèmes face aux événements climatiques extrêmes, tel que la canicule de 2003 ou la tempête de 1999, en particulier sur l’écosystème forestier, l’adaptation de l’agriculture et même sur les écosystèmes urbains.

3. Les atteintes à la biodiversité dans les écosystèmes domestiqués par l’homme

La biodiversité concerne également les cultures céréalières et l’élevage. Les différentes espèces ont été sélectionnées par l’homme depuis cinq millénaires et l’invention de l’agriculture. Ces espèces domestiques se trouvent en concurrence avec leurs cousines sauvages et comme tout organisme vivant doivent de plus affronter les maladies, insectes et mauvaises herbes. Or l’impact du changement climatique est loin d’être anecdotique, que ce soit par le biais de l’influence sur la récolte ou sur l’emploi des pesticides. Un peu à l’image de l’impact sur la production, la première chose à retenir est qu’il n’y a pas d’effet univoque pour les populations déjà présentes : le réchauffement climatique va les favoriser par certains aspects, et les affaiblir par d’autres.

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Delachaux et Niestlé


Coup de chaud sur l‘agriculture : du Bordeaux en Champagne ?, Bernard Seguin, Delachaux et Niestlé, 2009

L’auteur a participé au 4ème rapport du GIEC publié en 2007, en charge de la perception du changement climatique et nous décrit le fonctionnement interne du GIEC. La première partie montre les rapports entre l’agriculture et le climat, où l’on observe pour une faible amplitude de température, une explosion du nombre d’événements climatiques très défavorables à l’essor de l’agriculture et mettant en danger l’approvisionnement des populations.
La deuxième partie traite des effets prévisibles du changement climatique sur les céréales et le bétail. Enfin, la troisième partie s’attache à établir des scénarios d’adaptation de l’agriculture aux aléas du climat, et des solutions pour lutter contre l’effet de serre dans l’agriculture.

L’élevage du sud de la France face au changement climatique, Journée AFPF, Valence, 6 mai 2008.
Ce diaporama traite des problèmes rencontrés dans la culture de plantes fourragères, destinées à l’alimentation des troupeaux d’animaux, plantes fourragères soumises au stress répétitif du réchauffement climatique. En effet, les variétés fourragères typiques des climats tempérés présentent une croissance active pendant la période printemps-été-automne, et un repos hivernal imposé par les basses températures. Habituellement, on souhaite par une recherche sélective, leur donner une résistance à la sécheresse pour un maintien de la croissance pendant les courtes sécheresses typiques de ces milieux. La répétition accrue des sécheresses estivales oblige à repenser toute la problématique actuelle.

Plus généralement, le site Internet Climfourel présente les recherches menées pour l’adaptation des systèmes fourragers et d’élevage péri-méditerranéens aux changements et aléas climatiques. Ce projet est soutenu par les régions Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, avec le concours du Cemagref, de l’INRA, et du Centre international d’études supérieures en sciences agronomiques SupAgro de Montpellier.
Au plan géographique et agricole, ces trois régions s’organisent selon un axe central de plaines consacrées aux productions végétales, identique aux axes de communication et aux villes (arc Toulouse-Montpellier-Lyon). Mais dès que l’on s’écarte de cet axe vers les contreforts du Massif Central, des Pyrénées et des Alpes, l’élevage devient l’activité agricole principale. C’est le cas sur 30 à 50% de la superficie agricole des trois régions.
Le maintien de l’élevage est primordial pour l’économie et la gestion de ces territoires généralement accidentés et peu peuplés. La combinaison latitude x altitudes (territoires entre 300 m et plus de 1000 m) fait qu’elles sont historiquement rattachées à l’étage bioclimatique océanique tempéré à semi montagnard, donc assez bien arrosées. Malheureusement, la répétition accrue des sécheresses, conséquences du changement climatique, conduit à s’interroger sur le caractère conjoncturel de ces sécheresses sévères. Ces simulations pour le XXIème siècle comportent des variations, voire quelques contradictions, mais elles s’accordent à prévoir dans le Grand Sud français, au moins jusqu’en 2030-40, une remontée de l’influence méditerranéenne, avec un fort accroissement du déficit hydrique de mai à août ou septembre par un double effet : raréfaction des pluies d’été et augmentation de l’évapotranspiration potentielle due à l’accroissement des températures.

4. Un cercle vicieux

Si le réchauffement climatique réduit la biodiversité, l’évolution de cette dernière a également des effets sur le climat mondial.

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Randall


C’est ce qu’a montré le climatologue américain William F. Ruddiman, dans son livre intitulé La charrue, la peste et le climat : comment les premiers agriculteurs ont empêché le retour de la glaciation (Randall, 2009).
La biodiversité d’un champ cultivé est moins importante que celle d’une prairie ou d’une forêt. Or l’auteur révèle que l’impact de l’homme sur le climat remonte à la « révolution néolithique », il y a de cela plus de 8000 ans qui vit naître l’agriculture. En augmentant les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les paysans de l’âge de pierre ont contrebalancé une tendance naturelle au refroidissement inscrite dans les cycles des climats…

Pour aller plus loin, partez à la découverte de la biodiversité :

  • Plantes envahissantes, Croissance des plantes envahissantes voir
  • Autodestruction de l’espèce humaine voir

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