Instrument à découvrir :

Le cajón

- Modifié le 02/12/2017 par département musique

Le cajón un instrument rustique très apprécié des batteurs et des percussionnistes, mais pas seulement...

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L’histoire du cajón débute au Pérou avec les premiers esclaves venus d’Afrique qui, privés de leurs tambours, commencèrent  à utiliser, pour accompagner  leurs danses et chants traditionnels, des caisses en bois normalement consacrées à la cueillette des fruits et au transport de poissons . Parfois, lorsqu’ils trouvaient une caisse délaissée, ils déclouaient un côté pour donner plus de vibrations… ce fut la première évolution de l’instrument.

Au fil des siècles, les danses pratiquées par les Noirs telles que le Lundu ou même la Zaña, se transformèrent sous l’influence du cajón et des cultures hispaniques et indiennes jusqu’à donner naissance aux danses afro-péruviennes telles que la marinera, la valse péruvienne, la zamacueca, ou le festejo, pérennisant l’usage de l’instrument.

Dans les années 70, ce fût Paco de Lucia , qui contribua à démocratiser le cajón, en Espagne d’abord puis dans le reste de l’Europe. Il découvrit cet instrument par  l’intermédiaire de Caitro Soto lors d’une tournée au Pérou et, touché par la sonorité et le rythme de l’instrument, décida dès son retour en Espagne de l’introduire dans son flamenco. Rapidement, le cajón devint l’instrument de percussion convoité par les formations de flamenco. Des cordes de guitare furent rajoutées  à l’intérieur de la caisse apportant ainsi toute sa spécificité au cajón dit « flamenco ».

Aujourd’hui, même si son apparence est restée rudimentaire, le cajón offre de multiples combinaisons sonores s’adaptant à tous les genres musicaux ; on le retrouve notamment de plus en plus dans le jazz, les musiques ethniques et la variété. Ainsi, Ben Johnton, batteur de Biffy Clyro, l’utilise régulièrement, principalement lors de sessions acoustiques mais aussi  Miguel Poveda, Mathieu Chedid, Susana Baca, Bernard LavilliersIbeyi et bien d’autres encore …

 

Daddi Bahmani – Modern Cajon

Un peu de technique…

Le cajón est donc, de par ses origines, une simple caisse de résonance d’environ 50 cm x 30 cm x 30 cm sur laquelle le musicien vient généralement s’asseoir mais il peut aussi l’utiliser debout, bloqué à plat entre ses jambes ou encore posé sur un socle devant lui.

Le cajón se joue le plus souvent avec les mains, (parfois avec des bâtons, des brosses ou des maillets) les doigts du musicien , plus ou moins écartés venant alors, à la manière d’un fouet percuter la « tapa« , plaque verticale située devant lui.; Plus il frappe au centre de celle-ci, plus les sons sont graves et inversement. Une technique consiste aussi à poser le pied sur la table de frappe de haut en bas pour modifier le son pendant que l’on joue avec les mains. Il est également possible d’utiliser une pédale de grosse caisse à condition d’adapter la fixation et de modérer sa force de frappe (la tapa étant plus fragile qu’une peau de grosse caisse).

Au dos, un trou d’environ 10 cm de diamètre permet la sortie du son (même effet qu’un event de décompression d’une enceinte de sono).

le cajon en coupe

Le cajón actuel possède généralement un élément de plus, le timbre qui, situé sous la plaque supérieure vibre lors de la frappe de l’instrument. Il permet de différencier les cajóns, tout en donnant au son cette ressemblance à la caisse claire de batterie . Il peut être constitué de cordes de guitare ou de basse , d’un timbre de caisse claire, de clochettes, ou de tout autre objet métallique pouvant vibrer. Sans ce timbre, le son est plus clair, semblable à celui du bongo.

 

 

 

Dans le catalogue de la bibliothèque de Lyon

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