Loi Évin

J’ai du bon tabac

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 22/01/2019 par Département Musique

Cigares, cigarettes, cigarillos et autres cibiches depuis toujours parsèment et parfument la musique. Nous vous en proposons un mini assortiment - arbitrairement sélectionné et sans mégoter - pour une petite balade musicale dans l'univers de l'herbe à Nicot.

  • A la charnière des XIVème et XVème siècles se développe l’Ars subtilior, mouvement musical dont la principale caractéristique est l’extrême raffinement et une complexité rythmique et polyphonique remarquables. C’est à cette mouvance qu’appartient l’air « puisque je suis fumeux » qui semble évoquer de manière énigmatique « les Fumeurs », société secrète formée à l’époque autour du poète Eustache Deschamps.  L’étrangeté et l’instabilité harmonique de ces méandres chromatiques ne sont-elles pas d’un archaïsme furieusement moderne ? Reste que du point de vue historique l’affaire est bien mystérieuse puisque le tabac ne fait son apparition qu’après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492 …  Alors fumette réelle ou métaphore fumeuse ?

 

  • « Avant que de casser ta pipe , fume la de bon coeur », tel semble être en substance le message de Johann Sebastian Bach dans son air BWV 515, extrait du Petit Livre d’Anna-Magdalena :
« Quand on allume sa pipe,
on voit la fumée disparaître
à l’instant même en nuage,
et à la fin il ne reste plus que la cendre.
Ainsi est consumée la gloire de l’homme,
dont la chair est transformée en poussière.
C’est pourquoi, sur terre, sur l’eau comme chez moi
toujours pleinement content, je tire
sur ma pipe tout en méditant. »

 

  • Sir Edward Elgar, avec une espièglerie pince-sans-rire très British, compose en 1919 une extra-brève « smoking cantata » dans laquelle le pastiche du grand opéra fait finement mouche :

« Kindly do not smoke in the hall or staircase ! » [SVP ne fumez pas dans le hall ou l’escalier]

 

  • « Eh Monsieur, une cigarette
    Une cibiche, ça n’engage à rien […]
    Ce que je te demande : une pipe, un mégot
    Non pas d’Anglaises, ni d’bouts dorés
    Ce tabac-là, c’est du chiqué […] « 

 

  • Le son de Nashville dans les années 60, une crooneuse à la voix d’or. Il y avait deux cigarettes dans le cendrier, et puis cette étrangère est arrivée, qui lui a ravi son homme. Il y a à présent trois cigarettes dans le cendrier.

 

 

 

  • L’hymne ultime à la clope, un amour fou :

 

  • Autre déclaration d’amour à Marlboro, alla tedesca :

 

 

  • Un rock musclé, basique, transgressivement ado. Interdit de fumer à l’école ? Pas grave, on ira cloper en loucedé dans les chiottes.

 

  • Un classique du Brit-rock par le mythique Oasis. La cigarette appelle l’alcool …

 

 

  • Mais le tabac c’est aussi cela : Sanseverino dresse un portrait sans fard et moins glamour de la clope :

 

  • Eddy Mitchell et Mort Schuman  nous expliquent comment c’est en s’identifiant à des héros, du cinéma ou d’ailleurs, qu’ils ont commencé à fumer :

 

Pour finir, sur une note prophyllactiquement correcte, la complainte de l’ex-fumeur :

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