No pasaran ! (2)

récits de la guerre d'Espagne

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - Modifié le 11/10/2019 par Département Civilisation

"Podemos", "Ciudadanos", le" Parti Populaire", le PSOE, les acteurs et actrices de la vie politique actuelle de l’Espagne contemporaine sont, qu’ils l’assument ou non, héritiers d’une histoire pas si lointaine et très prégnante , celle de la Guerre d’Espagne. Il y a 80 ans, la jeune république espagnole, le gouvernement du « frente popular » subit, le 18 juillet 1936, la tentative de coup d’état militaire du général Franco. La guerre civile qui s’en suit va marquer l’histoire de l’Espagne, préfigurer la Seconde Guerre mondiale et se terminer avec la dictature franquiste. Quelques éclairages récents sur cette histoire.

¡No_pasarán!_Madrid By Mikhail Koltsov [Public domain], via Wikimedia Commons
¡No_pasarán!_Madrid By Mikhail Koltsov [Public domain], via Wikimedia Commons

Pour tout savoir sur l’ensemble de cette période, de manière succincte et attractive, La guerre d’Espagne, de la démocratie à la dictature, dans la collection illustrée Découvertes Gallimard histoire, est vraiment bien adaptée.
On peut se reporter à un article précédent paru en 2006, très complet sur la guerre d’Espagne, les brigades internationales, la Retirada et l’exil des républicains espagnols.

Mais, c’est à un parcours à travers des récits publiés ces dernières années  que nous vous invitons :

les dernières heures de Guernica

  • «Un formidable récit littéraire qui se lit comme un roman à suspense » selon Nancy Dolhem du Monde diplomatique » :  Les dernières heures de Guernica : Il s’agit d’une réédition en mai 2014 d’un ouvrage paru en 1975, alors que l’Espagne était encore une dictature.  » Gordon Thomas et Max Morgan-Witts ont choisi de concentrer leur attention principalement sur le dimanche 25 avril 1937, date à laquelle est prise la décision définitive du bombardement, et sur le lundi 26 avril, le jour où Guernica fut détruite. Les trois jours qui suivent sont traités sobrement. Près de 300 pages consacrées à ce qui est devenu, avec les Brigades Internationales et la défense de Madrid, l’un des évènements emblématiques de la Guerre d’ Espagne.Prélude incontestée à la barbarie nazie de la Seconde Guerre mondiale […]. La concentration des faits sur les quarante-huit heures qui feront basculer l’histoire d’un gros village, certes emblématique, en ville  martyre donne à voir tous les drames qui ont été le quotidien de la guerre civile ».
    Le lecteur se retrouve lui aussi sur les lieux : deux religieuses sont en observation sur le toit du couvent des carmélites, dans lequel un hôpital de fortune fonctionne jour et nuit, des enfants jouent sur la place du marché quand, à l’horizon, apparait des Heinkel-111, puis celle des Junker-52…
  • Récits d’hommes et de femmes engagés à divers titres dans un processus à la fois militaire et révolutionnaire, après la chute de Saragosse qui tombe, le 19 juillet 1936, aux mains des troupes franquistes soulevées contre la république espagnole : A Zaragoza o al charco ! : Aragon, 1936-1938 : récits de protagonistes libertaires.
    En Catalogne et en Aragon, des volontaires se mobilisent pour reprendre la ville – et, pour la plupart, l’offensive ne peut se dissocier de la mise en œuvre du communisme libertaire.Ce travail d’histoire et de mémoire se situe dans la foulée d’un premier livre traitant de la révolution espagnole, Les Fils de la Nuit,  élaboré autour des souvenirs d’Antoine Gimenez et également coédité par L’Insomniaque éditeur. Articuler les histoires particulières et l’analyse des questions collectives, tels sont les objectifs des Gimenologues….
  • Récits de vie à travers deux bandes dessinées d’Antonio Altarriba et du dessinateur Kim : vie de son père d’abord , dans L’Art de voler ;  puis vie de sa mère intitulée L’aile brisée .

art de voler                              aile brisee

Le père, anarchiste, avait combattu le franquisme avant de se réfugier en France, puis de retourner en Espagne.La mère, très pieuse, va subir le joug de l’église, et des hommes dans l’Espagne franquiste, profondément machiste.

Deux romans graphiques  originaux  et passionnants, deux histoires étrangement si différentes, mêlant subtilement petite et grande histoire. Voir un article de Libération .

  • Récits de reporter et d’une reporter tout particulièrement,  Martha Gellhorn , La guerre de face : Des reportages écrits entre 1937 et 1990 par la première grande correspondante de guerre. Elle couvrit les conflits en se concentrant sur les populations civiles victimes des combats plutôt que sur les opérations militaires, de la guerre civile d’Espagne à l’invasion du Panama, en passant par la Seconde Guerre mondiale ou la guerre des Six Jours. Prix Transfuge du meilleur poche étranger 2015
  • Et pour terminer , un très beau récit qui vient d’être réédité , ma guerre d’Espagne à moi de Mika Etchebéhère , aux éditions libertalia. « C’est l’un des textes les plus forts sur la guerre d’Espagne. Ecrit par Mika Etchebéhère (1902-1992), une femme qui dirigea une colonne du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) en 1936-1937. On y croise des minoritaires, des anarcho-syndicalistes et des marxistes antistaliniens, tous habités par la conviction d’imminents lendemains qui chantent. » Avec photos, textes, préface, extraits de correspondance et DVD de 80 minutes.

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Malgré la tragique issue de la guerre d’Espagne, ces expériences, ces tranches de vie et d’espoir, porteuses d’enseignements précieux nous accompagnent aujourd’hui, plus que jamais, dans nos propres parcours:

"Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer."

Antonio Machado

 

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