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Annabel dream reader

Avec The Wytches, trio originaire de Brighton, le label Heavenly déloge encore une fois un groupe capable de transcender les tendances revival (psyché, psycho-billy- etc..) pour nous donner en pâture un album brutal, dégoulinant de rage et de sincérité.

« Digsaw » premier titre d' »Annabel dream reader » convoque avec ses larsens introductifs les fantômes du grunge (et du label Sub Pop). Hommage à peine voilé au « Love Buzz » de Nirvana, le morceau nous plonge dans une furieuse nostalgie.
Accompagnée d’effets fuzz (tendance Cramps) et d’une reverb poussée à fond, la voix pourrait être celle d’un Jack White élevé au hardcore mais l’auteur de ces cris geignards s’appelle Kristian Bell.

A 23 ans, le compositeur en chef du groupe n’a apparemment pas eu besoin de beaucoup de temps pour digérer toutes les références qui suintent dans ce premier opus et les conjuguer avec un génie certain. Car Kristian, sans l’imiter, rappelle un certain Kurt et ce talent si rare qui consiste à éructer avec beauté et une sagesse douteuse une tonne de mélancolie.
Sur une idée assez simple, toujours plus de grain sur la guitare et la basse et un jeu de batterie basique mais lourd, The Wytches est capable de produire de potentiels tubes nerveux (« Grave dweller ») tout en sachant ralentir le tempo pour une ou deux ballades comme sur le lancinant « Summer again ».

On ne sait pas si on doit souhaiter aux membres de The Wytches de devenir un jour des icônes du rock indé comme on en produisait dans les années 90 (non charismatiques et éternellement juvéniles) mais on les remercie pour ce premier album en forme de joyau noisy, naïf et intelligent qui rejoue nos 16 ans en 2014.

Voir dans le catalogue de la BML

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