logo-article

Nino dans la nuit

Nino Paradis a vingt ans et c’est pas vraiment le paradis la vie à vingt ans, justement.

Des études pseudo-artistiques avortées l’ont mené à une vie décousue, désabusée, où le sauve seulement son amour pour Lale du reste des galères.

Tous les deux, ils vivent dans la banlieue proche de Paris, sous-louent un appartement miteux avec vue sur ghetto, enchainent petits boulots où la sueur donnée ne vaut pas le salaire rendu, salaire qui ne suffit pas même à survivre d’ailleurs, alors pour ça ils se débrouillent, ils volent les courses même le PQ, ils acceptent les combines un peu louches avec gros risque et argent sale à la clé : de l’argent quand même. La nuit tombée, ils s’approprient le noir et les étoiles dans une autre descente aux enfers pas toujours contrôlée, celle de la fête à s’en cramer des points de vie et s’amuser jusqu’à plus rire.

Dans une langue aussi sensuelle que maîtrisée, Capucine et Simon Johannin signent ici un roman d’une grande puissance, emblématique d’une jeunesse en proie à la désillusion, mais qui va au-delà d’une simple retranscription de telle ou telle génération et se fait le porte-parole d’une révolte douce face aux injonctions de notre monde à la dérive.

À ce dernier l’on préférait peut-être L’été des Charognes, premier roman de Simon Johannin, mais Nino dans la nuit demeure l’une des bonnes surprises à découvrir en cette rentrée littéraire de Janvier.

Voir dans le catalogue de la BML

Tags

Partager

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *