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(Mother Earth’s) Plantasia

Warm earth music for plants... And the people who love them

Ce disque promotionnel sorti en 1976 accompagnait l'achat de plantes au magasin Mother Earth, sur Melrose Avenue à Los Angeles. Son but avoué (un slogan au dos de la pochette) est de favoriser la croissance de vos plantes. Ne se basant alors sur rien d'autre que de vagues intuitions hippies et beaucoup d'optimisme, Mort Garson crée cependant une atmosphère musicale parfaite pour les regarder pousser !

Né en 1924, au Canada, Mort Garson et sa famille s’installent vite à New York. Il y apprend le piano à la prestigieuse Juilliard School. Il travaille d’abord comme arrangeur puis compositeur dès la fin des années 1950, s’installe ensuite en Californie et fait en 1967 la connaissance de Robert Moog, créateur du mythique synthétiseur modulaire du même nom.

Il compose sur la demande CBS une bande son de 6 minutes 30 qui sera diffusée sur les images des premiers pas sur la lune de la mission Apollo 11, entendue par des millions de téléspectateurs, et associant la magie de l’espace au son on ne peut plus cosmique du Moog.

Il en devient un primo adoptant et par conséquent un pionnier : c’est une machine si complexe et complète que son utilisation la plus commune consistait alors plus à découvrir ses sons en explorant ses possibilités, qu’à véritablement en « jouer ».

Il enchaîne alors les contrats pour la télévision (jingles, thèmes d’émissions) et le cinéma, propageant encore plus avant dans l’imaginaire des américains et au-delà le son du Moog.

Il se lance en parallèle dans la création de pièces plus aventureuses, avec un goût certain pour les sciences occultes et l’étrange :

The Wozard of Iz (1968) : version vrillée du Magicien d’Oz, à emprunter à la BML

Et autres bizarreries qui valent le détour :

« Electronic Hair pieces » (1969) : une version électronique de la comédie musicale Hair.

« Signs of the Zodiac » (1969) : une série de 12 albums consacrés aux… signes du zodiaque.

« Black Mass » (1971) sous le pseudo Lucifer, « The unexplained » (1975) sous le pseudo Ataraxia…

Et en 1976 donc : PLANTASIA

Conçu à l’origine pour les heureux acquéreurs de plantes à la Mother Earth Plant Boutique de Los Angeles, le disque va suivre l’habituel parcours du disque culte : peu à peu tomber dans l’oubli au fond des bacs à 1 dollar, être chéri en silence par des collectionneurs conscients de leur chance, se vendre à des prix déraisonnables sur internet, et bénéficier d’une réédition salvatrice.

Et il le mérite : le temps l’a bonifié, transformant son vernis kitsch d’alors en une patine délicieusement vintage. Le son du Moog y est pour beaucoup, et la chaleur de ses sonorités analogiques évoque instantanément un passé cotonneux, une zone de confort. Les plantes quant à elles, sont le parfait support à l’imaginaire dans lequel nous plonge Plantasia. On imagine aisément les feuilles naître et se déployer au son des vibrations et des douces harmonies de Mort Garson. Sans être révolutionnaire, Plantasia offre un joyeux tour d’horizon des possibilités du Moog, grâce à un compositeur inspiré, et tombé fou amoureux de son instrument.

La nostalgie à son meilleur. Merci à Sacred Bones pour cette réédition.

 

 

Retrospective de la carrière de Mort Garson par Sophie Weiner pour RedBullMusicAcademy

Le parcours de Plantasia, de sa création à sa réédition, par Martin Pepperell pour Dazed

Un article sur la réédition par Maya-Roisin Slater pour Resident Advisor

 

A emprunter également à la bibliothèque :

Un coffret de 3 albums de Beaver & Krause, à la fois représentants de commerce et ambassadeurs du son Moog

 

Voir dans le catalogue de la BML

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