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Missa de Beata Virgine

Ghiselin Danckerts

Pour les oreilles contemporaines, le répertoire sacré de la Renaissance peut sembler un rien monotone, à force d’innombrables messes, d’entrelacs vocaux subtils et touffus. Et pourtant, que de merveilles et d’exhumations inattendues !

La Missa de Beata Virgine de Ghiselin Danckerts (1510-1567), découverte il y a dix ans, nous offre un regard nouveau sur ce chantre de la chapelle papale, jusqu’ici plutôt abîmé par la postérité des archives.

L’Introïtus de la messe était généralement improvisé par les chanteurs sur un thème grégorien. Ici, fait exceptionnel, toutes les voix sont notées sur le manuscrit. Le musicien y échafaude une superbe pyramide sonore, l’étagement des voix et des rythmes, du plus grave et statique au plus aigu et volubile produisant une enivrante floraison polyphonique. On retrouve ce procédé dans l’Alleluia, tandis que les autres parties reviennent à un contrepoint plus mesuré, mais pas moins beau (Agnus Dei, tendre et majestueux), qui hisse Danckerts à la hauteur de ses plus illustres contemporains.
Le solide ensemble de 11 hommes (chapelle papale oblige) emploie parfois un contra-bassus, sorte de basse profonde aux graves métalliques et ronflants comme un tuyau d’orgue, qui charpente un vigoureux édifice sonore.
Une réhabilitation musicale réussie, et une belle voix de plus dans le concert des maîtres de la Renaissance.

 

« Introitus » – Cantar Lontano

 

Voir dans le catalogue de la BML

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