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Les grands espaces

Catherine Meurisse

Une autobiographie de l'illustratrice comme une ode à la nature sur fonds de démembrement et de pesticides.

On a tous un petit coin de verdure en nous, un souvenir d’avoir foulé l’herbe fraîche et tendre en étant conscient de la valeur de cet instant. Par cette bande dessinée, la très éclectique illustratrice Catherine Meurisse nous raconte l’histoire de son enfance dans le Poitou. Elle a en effet passé sa jeunesse dans une ancienne ferme que ses parents rénovaient. Nous y découvrons une campagne inondée de couleur et de lumière, une nature qui se révèle comme un terrain de jeu et d’apprentissage. Nourries par un imaginaire littéraire sans cesse renouvelé, grâce à un contexte familial propice à la lecture, elle et sa sœur baignent dans un mélange de culture classique et moderne. Au lieu de jouer à la marchande, les sœurs jouent au musée imaginaire, parce que rien de mieux que la nature pour alimenter l’imagination.

Au fil des pages, nous dégustons un panier rempli de souvenirs mitigés dans lesquels pourront se retrouver tous ceux qui ont grandi ou grandissent aujourd’hui à la campagne : les souvenirs de fêtes de village, d’abattage des cochons se frottent à ceux des odeurs d’épandage, et à toute la problématique liée à l’agriculture productiviste. La jeune narratrice nous livre sa hargne envers les ronds-points, les pesticides, et les lotissements qui poussent n’importe comment.

Et pourtant, la famille Meurisse est bien décidée à faire naître un petit paradou perdu, source d’inspiration qui se mêle aux souvenirs de lecture de la narratrice (Le grand Marcel, Pierre Loti, Rabelais…). Sans jamais vraiment laisser tomber son trait caricaturiste, Catherine Meurisse nous offre un récit en forme d’ode à la botanique sur fonds de démembrement, de pesticides et de monoculture.

Elle nous fait vivre ses hésitations à quitter ce trou de verdure, dans lequel elle aurait bien passé toute sa vie, où elle a pu retourner quand il a fallu trouver refuge pour se reconstruire après les attentats de Charlie Hebdo auxquelles elle a survécu. Parce que « C’est incroyable le pouvoir des pierres »…

Voir dans le catalogue de la BML

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