Image en 30 minutes / Concordances artistiques

un certain concept d'"art étendu"...

- temps de lecture approximatif de 13 minutes 13 min - Modifié le 26/08/2019 par Pam

Sur papier, en ligne, de presse, artistique, vernaculaire, emblématique, ... notre société actuelle est envahie par un flot d'IMAGES et d'informations qui, parfois, polluent nos espaces. La bibliothèque qui offre un accès libre et gratuit à la presse a proposé trois temps d'arrêt sur image, soit l'analyse d'une photographie de presse largement diffusée au regard d'une oeuvre d'art singulière, le livre d'artiste. Ces confrontations ont permis de décoder avec le public la structuration des images, leurs ressorts, leur essort, leur dissemblance ou concordance ... Ce focus présente ces trois premières séances conjointes entre les départements Société et Arts.

© Fist - Ludovic Burel / Peter Norman, Tommie Smith et John Carlos JO Mexico 1968 - Paris Match (livre d'artiste et revue collections BM Lyon)

 

  • MADONES ACTUELLES

 

revues collections BM Lyon

Au Japon, pays bouddhiste et shintoïste, cette jeune femme perdue dans les décombres est restée dans l’ombre. Aujourd’hui encore, elle est une sinistrée parmi d’autres. Le photographe Tadashi Ohkubo, auteur de la photo (12 mars 2011) pour le quotidien Yomiuri Shimbun, le dit :

« Pour nous, elle ne signifie rien de particulier. D’une manière générale, les  médias japonais ne montrent pas la détresse humaine individuellement. On ne publie pas non plus des photos de cadavres. »

 

En revanche, l’image  fait le tour de la planète. Yuko Sugimoto est enveloppée dans une couverture, au surlendemain du tremblement de terre et du tsunami qui ont dévasté le Japon, et fait figure de madone.

L’ iconicité de l’image joue sur la victime désemparée, le personnage au regard absent, drapé dans sa couverture, presque iréel, quasi mystique. Qu’est-ce qu’une MADONE aujourd’hui ?

Et informer c’est vendre : l’Agence France Presse (AFP) paye 300 dollars pour acheter la photo. Associated Press (AP) et Reuters ont également diffusé l’image. Résultat : un festival de Unes dans maints quotidiens ! : l’International Herald Tribune, Le Figaro, O Estado de Sao Paulo (Brésil), La Stampa (Italie), Der Tagesspiegel (Allemagne), l’Irish Examiner (Irlande), le Wall Street Journal Asia, Il Messaggero (Italie), le Daily Express (Grande-Bretagne) , le Chicago Tribune (USA) ou le Courier Mail (Australie).

Jean-François Leroy, créateur de Visa pour l’image, dit : « C’est une très bonne photo, ce n’est pas un hasard si elle se retrouve partout. Historiquement, je pense qu’on n’a pas vu un phénomène pareil en nombre de parutions depuis la photo de l’AFP d’Hocine ».

La publication exponentielle de la même photographie a créé une polémique sur le rôle du photojournalisme. Certains y ont vu une recherche esthétique de l’image pour sensibiliser le monde sur l’ampleur de la catastrophe naturelle tandis que d’autres critiquaient le voyeurisme des journalistes et l’exploitation commerciale de ce cliché.

Le bilan provisoire aujourd’hui est de près de 20 000 morts au Japon. Cette jeune femme est vivante.


« comme l’arrivée du cinéma ou de la télévision, celle de l’image conversationnelle transforme en profondeur nos pratiques visuelles. La photographie était un art et un média. Nous sommes contemporains du moment où elle accède à l’universalité d’un langage. » André Gunthert

 

L’oeuvre mise en regard de la Madone du Tsunami est extraite de Revue, ceci n’est pas un magazine de Nicole Tran Ba Vang, un vrai/faux magazine (apparenté aux artist’s books) une rétrospective de son travail. Elle y pastiche, entre autres, les médias, la publicité,  celle du parfum Égoïste de Chanel notamment. L’artiste sonde, dit-elle, « les aspects du paraitre »:  valve cardiaque de ses préoccupations tout comme la place des femmes. Ici, dans l’écrin de bâtiments en ruine, LE GLAMOUR DE MADONES gullivérisées, ornementales, s’expose sur fonds trash.

 

Au fait des codes de l’image publicitaire et de leur impact,  Nicole Tran Ba Vang remue la pluralité des images: informatives, illustratives, publicitaires, anecdotiques, emblématiques…mélangeant sans complexe les territoires qu’elle  fait se cotoyer d’une manière détonante…Cette relecture des  mondes qui se mêlent en se heurtant (frivolité et gravité) pointe le consumérisme à l’excès mais plus encore, l’appétence et peut-être l’ indécence pour le luxe de se jouer au coeur des ruines, ici les vestiges probables d’une guerre ou moins dramatique, d’une destruction. La ruine si elle est une esthétique du dégradé, du désastre est un matériau retravaillé, symbolique (à l’image d’une inquiétude sociopolitique omniprésente).

« En 2001, il s’est pris dans le monde 86 milliards de photographies, la plupart argentiques et développées sur papier. En 2012, il s’en est pris 850 milliards, pour la plupart numériques, jamais développées mais mises en circulation sur les réseaux, envoyées aux amis », signale le philosophe Yves Michaud L’impact, ajoute-t-il, n’est pas le même : « On a […] affaire à un changement total de monde. D’un monde où la photographie enregistrait et fixait les choses […] on passe à un monde où prolifèrent les images. Des images devenues fragiles et flottantes (elles ne seront pas fixées), […] des images qui ne seront plus de “vraies images” puisque les logiciels d’amélioration, de correction et de retouche sont inscrits dans l’appareil photographique lui-même. »

EGOISTE, Souvenez-vous :

Égoïste est un parfum pour homme, oriental boisé, épicé, puissant et de longue tenue.  Créé par le Nez Jacques Polge pour l’entreprise Chanel en 1987, il s’inspire de la formule de Bois des Îles datant de 1926.

En 1990,  Jean-Paul Goude en assume la publicité. Il travaille de concert avec Michel Rose

 « Farida, ma compagne à l’époque, qui avait écrit un poème extraordinaire intitulé « La Femme au nez coupé », le projet chroniquait un fait divers particulièrement dramatique dont elle avait été le témoin lorsqu’elle habitait encore aux Minguettes à Lyon : un macho ivre de jalousie avait coupé le nez de sa femme bien-aimée pour la punir de son infidélité. Penchées aux fenêtres de leur HLM, des ménagères d’origine maghrébines, témoins de la tragédie, insultaient le criminel tout en claquant les volets sur le rythme de la musique ambiante ». Jean-Paul Goude

La musique »La Danse des chevaliers »  est un extrait de « Romeo et Juliette », ballet pour orchestre symphonique du compositeur russe Sergei Prokofiev (1935).

Le texte parodie « Le Cid » de Corneille.
« Égoïste.
Où es-tu ?
Montre-toi misérable !
Prends garde à mon courroux, je serai implacable.
Ô rage !
Ô désespoir !
Ô mon amour trahi !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Montre-toi, égoïste ! »

« Revue interroge les représentations de la culture populaire des apparences tout en questionnant le pouvoir des médias sur nos goûts, nos valeurs, nos corps et nos esprits. Revue agit comme un détoxinant de l’esprit et encourage le lecteur à revoir sa façon de regarder ce qu’on lui donne habituellement à désirer.   »
Nicole Tran Ba Vang

La Madone du Tsunami offre ainsi à voir la catastrophe sous le filtre de l’esthétisation.Pour indifféremment séduire, surprendre, provoquer, informer, attraper l’oeil, aspirer l’esprit… les images de presse actionnent désormais des leviers communs aux images plasticiennes.

Synapses :

Villes en ruines : images, mémoires, métamorphoses  sous la direction de Monica Preti et Salvatore Settis

la publicité dans l’art contemporain de Evangelos Athanassopoulos

Le commerce des regards de Marie-José Mondzain

Philosophie de l’image de François Dagognet

La fabrique des images contemporaines sous la direction de Christian Delage ; textes de Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert


« En art la révolte s’achève et se perpétue dans la vraie création, non dans la critique ou le commentaire. (…) Les deux questions, que pose désormais notre temps à une société dans l’impasse : la création est-elle possible, la révolution est-possible, n’en font qu’une. » 

Albert Camus « L’homme révolté » 1951

 

  • FIST POWER

Podium du 200 mètres aux JO de Mexico en 1968 : Tommie Smith, Peter Norman, John Carlos (Public Domain)

C’est sans doute l’image la plus célèbre de toute l’histoire des Jeux Olympiques de Mexico. Le 16 octobre 1968, il y a pile 50 ans, Tommie Smith et John Carlos, américains, levaient un POING ganté de noir sur le podium du 200m à Mexico pour manifester contre les discriminations dont les noirs étaient victimes. Avec eux, il y avait également Peter Norman, australien.

Les Etats-Unis connaissent alors une vague de violences : les assassinats de Martin Luther King, de Bobby Kennedy deux mois plus tard. Le pays, divisé comme jamais, vit notamment au rythme de la guerre du Vietnam et du combat des noirs pour les droits civiques. A l’approche des Jeux, l’idée d’un boycott fait son chemin, surtout au sein de l’équipe d’athlétisme, dont les stars, dans leur immense majorité, sont noires.

Contrairement à une légende tenace, les deux athlètes n’ont rien prémédité. Tout ce qui va suivre a été improvisé dans le vestiaire, en trois minutes. « La seule chose qu’ils savaient, écrit Andrew Webster dans The Peter Norman Story, « c’est qu’ils allaient faire quelque chose. » L’histoire des gants, c’est une idée de Norman : ils avaient 2 paires au départ, mais John Carlos, lui, a oublié les siens. C’est Peter Norman lui-même qui suggère aux deux hommes de les partager.

Cet acte fort renvoie aux lynchages qui ont encore cours à cette époque. Strange fruit, le poème écrit par Abel Meeropol (choqué par une photo de 2 noirs lynchés, Thomas Shipp et Abram Smith) en 1937, et interprété par Billie Holiday en 1939 résonne dans nos oreilles.

Dessin de Sten Axel Ahlstrand. Pochette du 45-tours édité par Sonet Records [Suède]

Les conséquences  seront désastreuses pour les 3 athlètes : bannis des compétitions, menaces de mort,  opprobre médiatique, … un engrenage fatal qui ne sera enrayé qu’il y a peu. Deux monuments vont être érigés en leur honneur, l’un à l’Université de San Jose, l’autre au Musée afro-américain de Washington.

Tommie Smith et John Carlos sont finalement honorés par Barack Obama en septembre 2016, lors d’une cérémonie à la Maison Blanche : « Nous sommes honorés d’avoir les légendaires Tommie Smith et John Carlos ici aujourd’hui », affirme ce jour-là le premier président noir des États-Unis. Et d’ajouter : « Leur puissante protestation silencieuse aux Jeux de 1968 a été controversée, mais elle a réveillé les consciences ».

Le neveu de Peter Norman a réalisé un film : Salute, en 2008 pour révéler la vérité sur l’implication de son oncle.

Décédé en 2006, Peter Norman ne le verra pas. Tommie Smith et John Carlos traversent la planète pour assister à ses obsèques. Ils ont porté son cercueil. Tous deux prennent ensuite la parole.

« Peter Norman, l’homme qui pensait qu’il ne pouvait pas avoir tort de faire ce qui lui semblait juste, lance Tommie Smith. Son héritage est un roc. Accrochez-vous à ce roc. »

Mais les mots les plus forts sont ceux de John Carlos :

« Ce soir-là, à Mexico, je pensais voir de la peur dans ses yeux, je n’y ai vu que de l’amour. »


Tristan Tzara disait de « l’artiste moderne » qu’il « ne peint plus, il proteste » (Manifeste Dada en 1918). Pour Joseph Beuys  et son concept d’art étendu, « tout est art » « tout est politique ».

FIST

Au regard de Podium du 200 mètres aux JO de Mexico en 1968 : Tommie Smith, Peter Norman, John Carlos, nous avons choisi  Fist de Ludovic BUREL, un livre d’artiste aux allures de fanzine, plus particulèrement une des images où le poing levé évoque la position des trois athlètes, le black power…

Artiste, commissaire d’exposition, éditeur, directeur artistique de la revue (politique, philosophique, artistique) Multitudes de 2000 à 2005, Ludovic Burel a cofondé en 2006 les éditions it: (images/texte). Il est un adepte du déplacement, du  transfert, de la circulation des données, des migrations artistiques : politique à l’art et vice et versa.
Il invente ses propres médias et invite à s’emparer sans mesure de ce support : « don’t hate the media, be the média !».

Ludovic Burel teste l’autonomie de l’image, sa capacité d’action, ce qu’il est convenu d’appeler l' »empowering » de celle-ci. La quantité, la masse d’images appellent la réutilisation comme médium de celles existantes pêchées dans le Net à l’aide de mots clés, ici FIST, le poing. C’est l’économie et l’écologie de l’image qui sont sous-jacentes dans la série Page Sucker

Geste du poing levé/fist power : collectif ou individuel, il est tout à la fois menace, colère, appel au combat, salut révolutionnaire, marque de liesse, de victoire, …Des photographes célèbres l’ont attrapé (manifestants, combattants, insurgés… : Robert Capa,Willy Ronis,…). Le jeu de la main est l’un « des usages du corps en politique mais aussi la figure du militant, celle du sportif et du combattant« .

 

 LYNCHAGES

 « Une pratique politique de l’art »

Effigy (1995) un photomontage de Zoé Léonard (Collection de l’artothèque) évoque les photographies réalisées à l’époque des « Strange fruit »  qui étaient collectionnées tels des trophées.

Artiste américaine, photographe et sculptrice, ses oeuvres se nourrissent de ce qui l’effraie la dégoute la met en colère … Son travail porte sur la mémoire, l’injustice sociale et l’engagement politique. Elle utilise le principe de l’évocation : ses images ne saisissent pas celle d’une personne réelle permettant une distanciation par rapport à l’horreur de la situation. L’artiste dans un langage sensible affirme des prises de conscience et de positions, des questionnements. La société devient le matériau de l’intervention artistique.

Synapses:

Jalons pour l’histoire d’un rite politique

Le « poing levé », du rite soldatique au rite de masse, Gilles Vergnon in Le Mouvement Social 2005/3 (n°212)

Cette association des rites politiques avec l’entrée dans l’ère des masses, celle des corps mobilisés par « les forces combinées de l’invention et de la publicité », mais aussi par la politique, celle qui « aligne les multitudes […], leur fait lever la main ou dresser le poing, les fait marcher au pas, voter, haïr ou aimer ou mourir en cadence »  est une des pistes possibles pour son étude et sa compréhension. Le « jeu de mains » n’est jamais qu’un des usages du corps en politique, de même que les torses musculeux, les mâchoires serrées et les postures martiales qui l’accompagnent ou l’anticipent. A ce titre, il s’inscrit dans le courant dominant des années 1930, où la figure du militant se conjugue avec celles du sportif et du combattant.

Discrimination raciale (livres de la BM de Lyon)

Exposition BM Lyon Martin Luther King le rêve brisé ?

Jeff Buckley

 

  • HAUT LES NÉNÉS !

Revue collections BM Lyon

Cette photo est une commande pour L’Herald Tribune édition du Ny Times 1-2 juin 2013. Les Femen ont cette fois accepté de poser en cachant leurs seins. On y voit Sasha/Alexandra Shevtchenko, Anna Hutsol et Oksanna Chatchko, les 3 fondatrices du mouvement. Les Femen habituées aux interventions torse nu sont  « pudiques », cachant leur arme de combat.

Femen  est un groupe féministe d’origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par les 3 jeunes femmes  qui s’indignent de la place réservée aux femmes dans la société ukrainienne : « L’Ukraine est un pays dominé par des hommes, où les femmes sont passives » (Anna Hutsol). Pour le nom de leur mouvement, elles choisissent le mot latin « femen », qui ne signifie pas « femme » comme on pourrait le croire, mais « cuisse ».

Elles choisissent ainsi de dénuder leur poitrine, les seins nus symbolisant la condition des femmes ukrainiennes : pauvres, vulnérables et seulement propriétaires de leurs corps. Anna Hutsol déclare qu’avec Femen, a été « inventée une façon unique de nous exprimer, basée sur la créativité, le courage, l’humour, l’efficacité, sans hésiter à choquer ».

Au travers de leur combat en faveur de la liberté de la presse, contre la corruption, la pauvreté, la violence conjugale, le sexisme, le racisme, l’homophobie, la prostitution, l’industrie du sexe et l’influence des religions dans la société, les militantes attaquent ce qu’elles considèrent comme « les valeurs patriarcales qui imprègnent la plupart des sociétés industrialisées ».

Dans le film (2014) Je suis Femen, le réalisateur Alain Margot a suivi Oxanna Schachko pendant 3 ans. Celui-ci démarre sur une citation d’Emil Cioran « Si je préfère les femmes aux hommes, c’est parce qu’elles ont sur eux l’avantage d’être plus déséquilibrées, donc plus compliquées, plus perspicaces et plus cyniques, sans compter cette supériorité mystérieuse que confère un esclavage millénaire » ,

Oxanna : « On a commencé à se mettre seins nus deux ans après avoir créé notre mouvement Femen … Plusieurs facteurs y ont contribué. Le plus important étant que les seins nus attirent l’attention et agitent les médias. Le corps dénudé et la politique forment un mélange explosif. »

Anna Hutsol : « Pour les photos, il faut des femmes belles, qui ont l’air agressif, mais aussi sexy. Parce que c’est encore un paradoxe que soulève Femen. Comment une femme aussi belle qu’on imagine dans un salon de beauté, peut-elle être féministe ? … Pourquoi cet objet sexuel proteste ? … Nous cassons ainsi l’image des femmes se battant pour le droit des femmes. Toutes les femmes devraient défendre leurs droits. »

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CORPS SLOGANS

La représentation du corps est, malgré nous, un fil rouge de ces confrontations…

Hallelujah, Annette Messager.

Annette messager, artiste française née en 1943 à Berk se dit « truqueuse« , « falsificatrice » d’images. L’artiste s’est toujours défendue de pratiquer un art politique, pourtant… !

 Les images de presse nourrissent son quotidien et de facto ses oeuvres (Le Massacre par exemple) ici les FEMEN dont l’oeuvre Hallélujah rejoue les slogans et les images.

Annette Messager est en phase avec les questions sociétales du moment, le féminisme notamment, support de son univers artistique depuis toujours. Elle arpente ce territoire « comme une ethnologue ou une historienne des arts primitifs ».  Cette pièce, précisément,  fait écho à la signature posturale et aux  slogans des Femen («  Mes seins mon arme », « Mes désirs ma force » « No god in my vagina », « je suis mon propre prophète ») F.D.

Tout à la fois proche et en retrait de l’art conceptuel et de l’art corporel, son approche du corps est fragmentée : trophées qui sont des évocations métaphoriques de l’humain (ici des utérus), dimension charnelle et vulnérable de notre être. Le corps parle d’engagement, devient l’instrument des luttes contemporaines.

Les seins jalonnent l’histoire de l’art :

 Au 16e siècle Lucas Granach, au 19e siècle Delacroix (la liberté guidant le peuple pouvoir politique et esthétique du sein nu)…Le 21e siècle érige le sein en support de communication politique.

Synapses :

Histoires de seins de Marc Lemonier

Fragmentation d’un discours amoureux de Roland Barthes

La Servante écarlate

 

Article publié par Pam et Dalli

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