Comment bien conserver ses photographies papier

- Modifié le 04/04/2018 par Sylvie AZNAVOURIAN

Malgré l'arrivée du numérique et la diminution vertigineuse des tirages photographiques, nous possédons tous des photographies qui nous sont chères et que nous souhaitons conserver. Plusieurs options s'offrent à nous : en vrac dans une boite, rangées dans un album, encadrées puis accrochées au mur du salon .... Voici quelques conseils pratiques livrés ci-dessous.

Albums, Photo
Albums, Photo

 

Petite histoire du médium photographique

Le premier procédé photographique ou héliographie a été inventé par Joseph Nicéphore Niepce (17651833).  Vers 1824 il associa Louis Jacques Mandé Daguerre (17871851) à ses recherches et dès 1839 un autre français,  Hippolyte Bayard (18011887), découvrit le moyen d’obtenir directement des images positives sur papier.

 

Hippolyte Bayard, Le noyé Autoportrait photographique, 1840

 

A leur suite, les premiers utilisateurs ont rivalisé d’imagination technique et esthétique afin de retranscrire le réel. Parmi ces faiseurs d’images, certains ont souhaité initier une nouvelle démarche artistique et inscrire la photographie dans l’Histoire de l’Art.

Réservée au 19e siècle à quelques précurseurs passionnés, la pratique de la photographie s’est largement répandue grâce à l’évolution des supports techniques (Daguerréotypes, premiers positifs et négatifs papiers, plaques de verre noir et blanc puis autochromes et enfin négatifs souples et tirages sur papier argentique ou en couleur)

 

Autochrome. Collection Bibliothèque municipale de Lyon

 

 

Au fil des années, la facilité d’utilisation de l’appareil photographique a progressivement amené sa démocratisation, lui permettant ainsi d’occuper une place de choix dans les multiples domaines de la communication. L’arrivée du numérique à la fin du 20eme et la mise en œuvre d’outils performants nous offrent désormais une indéniable capacité d’utilisation.

La numérisation des tirages photographiques ainsi que l’apparition de nombreux supports périphériques, disques durs, clés USB, DVD proposent l’hébergement et le stockage de prises de vue voire le partage en ligne. Le questionnement quant à la pérennité de cette démarche suscite néanmoins  de  nombreuses questions.

Sauvegarder la photographie sur papier telle qu’elle est apparue au 19eme jusqu’à nos jours s’avère délicat mais très utile. Que ce soit dans le domaine artistique (tirage vintage d’artistes aujourd’hui disparus) ou dans celui d’usage privé (photographies de famille ou de loisirs), il y a nécessité de préserver les tirages photographiques de l’usure du temps.

Photographie de Pierre Jamet. Collection Bibliothèque municipale de Lyon

Appliquer de simples règles de conservation permet facilement d’éviter une dégradation de l’image, l’altération chimique conduisant à l’effacement progressif de la prise de vue.

Prudence et rigueur sont les maitres-mots d’une bonne conservation.

Quelques règles d’usage :

Température, Hygrométrie  et éclairage :

Dans un premier temps : éviter le stockage des photographies dans un environnement qui présente de grandes variations de température et d’hygrométrie (Mesure du degré d’humidité de l’atmosphère). Il faut savoir que l’humidité, même localisée, favorise la rétention d’eau et elle peut transmettre des moisissures aux supports papier détruisant ainsi petit à petit les photographies. Il est impératif de supprimer les sources de chaleur provenant de convecteurs et des rayons du soleil qui peuvent provoquer des tâches et une disparition de l’image.

L’humidité ne doit être ni trop élevée ni trop faible, le taux optimal doit avoisiner les 30 %. La température optimale de conservation doit être d’environ 20°. Une variation maximale quotidienne de 1-2 °C. Il est important de toujours ventiler correctement la pièce.

Préférer un éclairage fluorescent et homogène, aux lampes de type tungstène ou halogène dégageant une chaleur ponctuelle.

Manipulation et écriture

Avant tout conditionnement et archivage, dépoussiérer avec précaution les tirages. En cas de poussière collante : utiliser une bombe à air sec puis un pinceau en poils très doux (poils de chèvre par exemple) en expulsant la poussière du centre vers les bords du document. Veiller à ne pas rayer la surface.

La manipulation des tirages papier est un exercice délicat. Ne jamais toucher les tirages photographiques à mains nues car même propres les mains peuvent être légèrement humides et laisser des traces sur le papier.

Il est préférable de porter des gants en coton propre non pelucheux ou vinyle. Veillez à ne pas trop appuyer au risque de déformer le support papier et prêter attention aux coins extérieurs qui peuvent très facilement se corner. Quelques plis peuvent également apparaitre sur les tirages.

L’utilisation de l’écriture au dos d’une image doit être évitée. Bannir le stylo ou une quelconque encre qui va progressivement transformer chimiquement le tirage.

 

 

Néanmoins en cas de nécessité de légender les photographies, recourir à des crayons à mine de plomb notamment au dos des tirages barytés, des impressions jet d’encre et sur les pochettes papier.

Ecrire en dehors des zones images, dans les marges par exemple, même au verso de tirages. Ne jamais utiliser de produits acides : bannir les adhésifs et les élastiques couramment vendus dans le commerce : pas de colle en stick, en tube, en bombe, pas de rubans adhésifs, pas de pâte collante.

Conditionnement :

Pour conserver durablement les photographies, il est impératif de les conserver dans des supports chimiquement neutres.

Il peut être préférable de laisser les photographies dans un contenant type boîte en carton de préférence neutre, plutôt que les organiser dans un classeur qui les altérera plus rapidement. Eviter les boites en bois et les matériaux plastiques.

Pour présenter des tirages sur un support, il est possible de fabriquer des coins en papier et de les fixer grâce à un ruban ou une colle adhésive répondant aux normes de conservation.

4.1.1

 

Conservation préventive :

Utiliser si possible des matériaux spécialisés, chimiquement neutres et conformes aux normes internationales de conservation photographique.

Plusieurs fabricants et distributeurs de produits de cette qualité existent en France (notamment tout près de Lyon à Tassin la Demi-Lune) et en Europe. Il est possible de leur commander directement les produits, ou parfois de les trouver chez des revendeurs.

Pour aller plus loin …

Site Internet :

Atelier de restauration et de conservation des photographies de la ville de Paris

Bibliographie :

(Re)connaître et conserver les photographies anciennes de Bertrand Lavédrine ; avec la collaboration de Jean-Paul Gandolfo et de Sybille Monod ; préface de Michel Frizot

 

 

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