Instrument à découvrir

L’harmonica de verre

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 07/12/2022 par Civodul

En octobre à la Salle Molière, les musiciens de l’orchestre National de Lyon ont mis à l’honneur l’harmonica de verre. Ce fut l'occasion de découvrir, ou retrouver, un instrument étrange et attachant, servi en l'occurence par l'un de ses plus brillants virtuoses, Thomas Bloch.

Mis au point par Benjamin Franklin en 1761, l’harmonica de verre exploite le potentiel musical des verres à boire : selon la taille des verres et la quantité d’eau qu’ils contiennent les son produits en en frottant les bords seront plus ou moins graves ou aigus.  La version artisanale, pittoresque et poétique consiste à jouer sur une série de verres posés sur un support au naturel. Mais le principe peut être mécanisé : la série se compose alors de bols en cristal ou en verre empilés sur un axe horizontal rotatif entraînés par une pédale ou, aujourd’hui, par un moteur électrique. 

Franz-Anton Mesmer, théoricien du magnétisme animal utilise l’harmonica de verre lors de ses séances dans les années 1770. C’est chez lui que Mozart découvrira l’instrument. Ce dernier, quoique produisant des sons angéliques se forge pourtant une réputation sulfureuse : on le soupçonne de provoquer des désordres mentaux, des accouchement prématurés … en cause peut-être le plomb contenu dans le verre et les effets délétères du saturnisme. L’harmonica de verre un moment populaire perd rapidement les faveurs des musiciens et mélomanes. Non seulement étrangement inquiétant, il est en outre difficile à jouer, coûteux, son timbre ténu peine à s’imposer dans l’orchestre …. Bref il disparait. On le voit émerger à nouveau brièvement au 19è siècle sous le nom de mattauphone (du nom du compositeur belge Joseph Mattau), puis l’orgue angélique tombe à nouveau dans les limbes. Finalement en 1982 le maître verrier Gerhard Finkenbeiner en relance la fabrication aux Etats-Unis. L’harmonica de verre fait un come back mérité, il inspire désormais les compositeurs, classiques ou de musiques populaires et redevient, quoique marginal, un instrument de musique à part entière.

  • Camille Saint Saëns exploite à merveille le potentiel étrangement onirique de l’harmonica de verre pour évoquer l’univers liquide de son Aquarium (le Carnaval des animaux)
  • Gaetano Donizetti (lui même interné dans un asile d’aliénés à la fin de sa vie) utilise ingénieusement l’instrument dans la scène de la folie de Lucia di Lammermoor
  • Une performance de verre multipistes : Le boléro de Maurice Ravel
  • Vous reprendrez bien encore un verre (voire deux) ? Avec le bien nommé Philip Glass
  • Falling away from me / Korn
  • Harry Potter

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