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White riot

Rubika Shah

Quand la philosophie punk du "do it yourself" et un bon concert associant musiques punk et reggae peuvent soulever des montagnes !

White riot ” est le premier documentaire de la réalisatrice britannique Rubika SHAH.  Primé en 2020 à l’occasion du BFI London film Festival, ce magnifique documentaire nous plonge dans une période socialement et politiquement sombre pour le Royaume-Uni, la fin des années 70.

A cette époque le mouvement punk est sur le devant de la scène. The Clash connaissent leurs premiers succès avec leur album éponyme sorti en 1977.  C’est sur cet album qu’ils sortent leur single “White riot “, titre réutilisé par la réalisatrice pour son documentaire. Inspirée d’affrontements violents avec la police, cette chanson invite noirs et blancs à faire face ensemble au racisme et à l’oppression politique.

Et pour cause, le Royaume-Uni est sous tension. Attisé par des discours politiques fustigeant l’immigration et remettant en question le modèle multi-ethnique du Royaume-Uni, le racisme monte en flèche. Le quotidien des migrants devient un enfer, la police multiplie les arrestations arbitraires de jeunes noirs.

Le National Front, le parti d’extrême-droite fait une montée en puissance dans l’opinion publique. Sous escorte policière, le NF va jusqu’à organiser des marches anti-immigration auxquelles participent des groupes néo-nazis. De nombreuses agressions racistes sont perpétrées par ces mêmes groupes.

Le 5 mai 1977, après une campagne anti-migrants, le National Front obtient le meilleur score de son histoire aux élections régionales du Greater London Council.

Un groupe d’irréductibles punks fondent “Rock against racism”

C’est dans ce climat de haine qu’en septembre 1976 un petit groupe d’artistes et d’activistes fondent le mouvement “Rock againt racism “. A sa tête, on trouve Red SAUNDERS (photographe), Roger HUDDLE (auteur, graphiste) et Kate WEBB (journaliste). Adeptes du “do it yourself ” (“fais-le toi-même “), ils fondent le fanzine “Temporary Hoarding “qui se donne clairement pour but d’ouvrir les esprits et de lutter activement contre le racisme. Mais ils ne s’arrêteront pas là et pour sensibiliser la jeunesse, ils organiseront plusieurs concerts mêlant à chaque fois artistes noirs et artistes blancs, reggae et punk.

Le 30 avril 1978 “Rock against racism ” marqua les esprits en organisant un gigantesque concert à Londres avec des têtes d’affiches comme The Clash et Steel Pulse. Ce concert rassembla des milliers de britanniques, une belle foule en noir et blanc. Il faut croire que la musique et la lecture adoucirent les mœurs, le National Front perdra par la suite du terrain et des voix. Le mouvement organisera des concerts jusqu’en 1982.

“Cette société nous fait sentir impuissants, laissant les élites penser à notre place. La RAR a démontré que même les gens ordinaires peuvent agir et changer le monde”. Red Saunders, fondateur de Rock against racism

Voir dans le catalogue de la BML

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