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Oiseaux de tempête

Einar Kárason

« Elle s’était contentée de l’embrasser et de le serrer contre elle en priant Dieu et la bonne fortune de l’accompagner, sans plus mentionner son inquiétude. Il n’était pas de mise de jouer les Cassandre face à une personne qui part en voyage. D’ailleurs, que savait-elle de la mer et de ses périls, jamais elle n’avait navigué, même si l’océan lui avait enlevé son père, son frère et son grand-père. Être marin en Islande, c’est être soldat en temps de guerre. »

Février 1959, au large de Terre-Neuve-et-Labrador, le chalutier Mafur qui vient de terminer sa campagne de pêche s’aprête à entamer le chemin de retour jusqu’à Reykjavik quand la météo s’emballe. De terribles vents s’abattent sur le navire, les vagues se font de plus en plus menaçantes et les températures chutent amenant avec elles le pire ennemi qui soit en ces lieux : la glace. On imagine aisément un bateau pris dans un océan gelé peinant de plus en plus à avancer. Mais ce à quoi sont confrontés les hommes à bord du Mafur est bien pire. Avec ces températures extrêmes, c’est sur le bateau que la glace se forme, recouvrant petit à petit le pont, les bastingages, la passerelle, tout… Et la glace pèse lourd, trop lourd pour que le navire ne soit pas en péril. Dès lors, ces marins n’ont d’autre choix que de tenter le tout pour le tout afin d’empêcher le chalutier de sombrer. Ils vont devoir, nuit et jour, sans repos, à bout de force, lutter avec des outils dérisoires contre cet ennemi implacable.

Oiseaux de tempête est le récit épique d’un combat désespéré face à une nature impitoyable. Une lutte âpre et titanesque qui laisse le lecteur à bout de souffle. D’une aventure maritime éprouvante, Einar Kárason parvient à faire une fable humaniste, et de la glace, émergent des âmes lumineuses et fragiles. Une merveille.

Voir dans le catalogue de la BML

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