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Le sel des larmes

Le bouleversant adieu d'un fils à son père à travers ses liaisons volages.

Philippe Garrel

Luc, un jeune provincial monte à Paris pour passer le concours d’entrée à l’école Boulle. Dans la rue, il rencontre Djemila avec qui il vit une aventure. De retour chez son père, Luc retrouve Geneviève, un amour d’adolescence, alors que Djemila nourrit l’espoir de le revoir. Lorsqu’il est reçu à l’école Boulle, Luc part pour Paris laissant Geneviève et l’enfant qu’elle attend.

Tout d’abord, le film se compose de trois chapitres chacun centré autour d’une femme. Le premier est le plus beau : le coup de foudre entre Luc et Djemila est superbement évoqué. Oulaya Amamra, l’actrice de Divines, révèle ici un  réel talent dans un rôle de composition à l’ opposé de celui qui lui valut de se faire connaître. Luc est une sorte de Casanova allant de femmes en femmes sans réellement les aimer, cherchant un but que lui-même de connait pas. Ce héros a un côté balzacien peu sympathique aussi hésitant qu’égoïste et lâche. Il n’est pas politiquement correct et ne se préoccupe pas des sentiments de ses partenaires. Philippe Garrel n’en fait pas un portrait élégiaque mais il ne porte pas de jugement.

Philippe Garrel convoque sans cesse les sentiments dans son cinéma et sert aux trois jeunes actrices lumineuses un véritable écrin.

Cependant, André Wilms n’est pas en reste puisqu’il est la figure centrale du film. En effet, il est question de la transmission et de la figure du père. Une belle relation faite de complicité entre le père et le fils. Luc suit les traces de son père menuisier en rentrant à l’école Boulle. André Wilms lui confère toute sa patience et son élégance rugueuse.

Ainsi, Philippe Garrel rend ici hommage aux artisans qui exercent leur métier avec humilité.

De plus ce film est une tranche de vie naturaliste dans un noir et blanc contrasté, rythmé par une voix off intermittente et littéraire. La partition musicale exclusive de Jean-Louis Aubert qui accompagne le film le rend romantique et poétique.

Toutefois, le film repose aussi sur une mise en scène éblouissante coécrite par Jean-Claude Carrière et Arlette Langmann qui nous invite à l’introspection, à un retour sur nos propres vies. Le ton est juste et une douceur s’en dégage. Aussi la scène de bal est réjouissante, pas de mouvement de caméra ou de portée à l’épaule, seulement des jeunes gens heureux qui dansent.

Enfin le Sel des larmes pousse le spectateur a trouvé ce sel, à trouver la passion, à trouver la satisfaction. De vrais instants de grâces apparaissent dans ce film où les portraits de femmes sont peints avec beaucoup de profondeur.

Voir dans le catalogue de la BML

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