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Le Pain perdu

Edith Bruck

Rares sont les témoignages aussi édifiants et lumineux que celui d’Edith Bruck, de son enfance de petite fille aux pieds nus dans un petit village hongrois à sa vie de femme de lettres italienne, son pays et sa langue d’adoption, dans laquelle elle choisit d’écrire ses poèmes, et Le Pain perdu, récit splendide de sa vie.

Elle a à peine treize ans quand elle est déportée, subissant les atrocités de la Shoah aux côtés de sa sœur Judith, résistant toutes deux à la perte successive de leurs parents, aux maltraitances de tous bords, à la faim et aux travaux forcés que l’auteure arrive à retranscrire avec ses yeux d’enfant d’alors, d’une plume acerbe, pleine de rage de vivre, sans pathos aucun.

À quatorze ans, Edith est libérée avec sa sœur et les quelques survivants de Bergen-Belsen, mais alors comment survivre à l’indicible ?

Judith, elle, rejoint la terre promise d’Israël dont leur avait tant parlé leur mère. Pour Edith en revanche, s’en suivent de rocambolesques aventures entre la Hongrie, Israël, la Turquie, l’Autriche et l’Italie, enfin, sa terre choisie. Mariée à 17 ans et divorcée dans la foulée, tour à tour femme de ménage, serveuse puis danseuse, si Edith se perd parfois en route, son désir, lui, reste fixe : Edith écrira, Edith racontera.

Remercions-là d’avoir atteint son but, et saluons ce récit grandiose, essentiel en tous points, qui pourra être complété pour les plus curieux de la lecture de ses poèmes Pourquoi aurais-je survécu ? parus chez Rivages cette année.

Voir dans le catalogue de la BML

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