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Le dernier album

Mendelson

"Et ce sera le dernier album, le dernier disque, et ce sera un disque magnifique. Ce sera le dernier album, après de toute façon il n'y aura plus personne pour écouter les disques... Tout se termine ici sur Mendelson, numéro 7"

Premier morceau en forme de requiem-pastiche, oraison funèbre à soi-même, ironique et amère, ponctuée de clusters free-jazz.
Puis vient la fresque, la longue, la mordante introspection identitaire de Pascal Bouaziz. Une adresse à l’Algérie, son histoire, ses plaies et ses musiques. Réminiscences qui suppurent, sourient ou grincent dans la mémoire de l’auteur.
Comme un thrène qui trempe le pathos dans l’acide, dans les coulées électriques et les scansions de batterie. Le fleuve de la musique et des mots prend au plexus, gronde et brûle toujours plus fort au fil des minutes. Et puis la vague se retire, s’étale, s’assèche jusqu’au murmure. Une chanson-monde, un cadran d’émotions paradoxales qui reste en travers, une brèche dans l’écoute.

Codicilles au testament, Héritage et La dernière chanson polissent le clou du cercueil. Mélancolies bashungiennes à l’imparfait, qui réalisent dans les mots et au fil de la musique, la dissolution d’un groupe, d’une voix. Dernières notes, dernières paroles, dernier album donc. Sabotage anticipé de toute nécrologie possible. Remerciements. Essorage court des instruments. Silence. C’était chouette Mendelson, tu t’souviens ?

 

Voir dans le catalogue de la BML

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