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Lady Chevy

John Woods

« Je ne veux pas être un ange. Ce monde est trop brutal pour les anges. Ces mecs… ils se prennent tellement pour des durs. Mais ils s’imaginent même pas. Ceux qui dévorent finissent aussi par se faire dévorer. »

Lady Chevy est un roman noir qui nous propulse au fin fond de l’Ohio dans le bled de Barnesville aux paysages dévastés par les industries de production de gaz de schiste qui partout installent des puits de forage sur des lopins de terre arrachés à leurs propriétaires par des industriels véreux.

C’est dans cette Amérique pré-Trump qu’a grandi Amy Wirkner, que ses camarades de classe surnomment Lady Chevy en référence à son poids. Agée de 18 ans, Amy est déjà bien trop endurcie par la vie pour même se soucier d’un pareil sobriquet. Il faut dire qu’elle a grandi dans une roulotte, au sein d’une famille marquée par l’alcool, avec un grand père suprémaciste d’un côté, et un oncle survivaliste de l’autre. Et bien évidemment il y a Stonewall, son frère né lourdement handicapé après que ses parents aient fini par céder la concession de leur jardin à une société de fracture hydraulique. Depuis le début de la fracturation, dans les environs les malades et les morts ne se comptent plus.

Au milieu de ce marasme Amy rêve d’un autre monde, de quitter cette misère et de partir faire des études pour devenir vétérinaire. Un joli rêve qui va buter contre la dure réalité quand soir elle va se laisser convaincre par Paul, son copain de toujours, de faire un coup d’éclat pour se venger de l’entreprise locale responsable de la maladie qui ronge son père. Le plan déraille. Un homme meurt. Plus rien ne sera comme avant.

 

Véritable plongée dans une Amérique populaire en perte de repères à l’aube du trumpisme, Lady Chevy est un premier roman âpre et brutal mené de main de maître. John Woods y révèle un talent inestimable : celui de parvenir à travers la fiction à rendre compte de la complexité de l’homme et du monde. Une lecture époustouflante dont on ne sort pas indemne.

Voir dans le catalogue de la BML

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