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La soustraction des possibles

Joseph Incardona

"Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent responsable"

Fin des années 80, âge d’or des financiers et des paradis fiscaux.

D’un côté, Aldo, prof de tennis et gigolo d’origine italienne qui ferre une nouvelle proie en la personne d’Odile, une femme de banquier âgée d’une cinquantaine d’années. Coincée dans un mariage et une vie de famille loin de l’épanouir, elle tombe raide dingue de lui et de la nouvelle jeunesse qu’il lui apporte. Il faut dire que monsieur est un fin stratège quand il s’agit d’embobiner les ménagères issues des milieux aisés. Avec elle un nouvel horizon s’offre à lui, celui de sortir de sa condition pour jouer enfin dans la cour des grands. Comment ? Simple. En se faisant introduire par cette brave Odile dans le monde des affaires, et à partir de là, proposer ses services à ces banquiers véreux, dans l’espoir de gravir les échelons. C’est ainsi qu’il se retrouve à faire transiter de l’argent de la Suisse à la France pour le compte du mari d’Odile et de ses associés.

De l’autre, Svetlana, une jeune mère célibataire issue de l’immigration, qui touche du doigt son but : cadre de direction au sein d’un des plus gros établissements bancaires suisses. Un objectif pour lequel elle peut sacrifier beaucoup. Peut-être même trop…

Il suffira d’un échange de regards sur le parking d’un club de golf pour que tout bascule. Dans cet univers où les malversations financières sont la norme et où chacun cherche à tirer son épingle du jeu pour avoir toujours plus, leur amour n’aura d’égal que leur ambition. Mais face aux gros bonnets habitués à naviguer en eaux troubles, leur appétit suffira-t-il ?

 

C’est sûr, avec ce roman, le Suisse Joseph Incardona frappe fort. Il nous plonge à grands coups de phrases choc dans un univers élitiste, cynique et sans pitié sur lequel argent, sexe et pouvoir règnent en maîtres et parvient à nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Dans ce récit truculent, il fait se croiser une galerie de personnages savoureux tous mus du même désir de possession, et qui ont un vide terrible à combler. Du banquier plein aux as, à la petite frappe qui dévalise les clients à la sortie d’un restoroute, en passant par des prostituées entraînées à tuer mieux que quiconque ou de Mimi, cheffe mafieuse corse menant une vie simple à l’extrême s’abreuvant de littérature mais qui ne peut lire que des écrivains morts, tout le monde veut sa part du gâteau, et il n’y en aura clairement pas pour tout le monde…

Avec La soustraction des possibles, Joseph Incardona dresse un portrait au vitriol d’un milieu bancaire incontrôlable et incontrôlé avec une finesse d’analyse quasi sociologique, et des tournures de phrases imagées auxquelles on repense longtemps après avoir fini sa lecture. Un roman drôle et d’une grande maestria qui n’a pas volé les nombreux éloges dont l’a couvert la critique.

Voir dans le catalogue de la BML

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