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I’m not sorry, I was just being me

King Hannah

Un album à la croisée des genres et des influences.

Originaire de Liverpool, le groupe tire ses influences davantage des grandes plaines américaines, de son sud et de ses déserts, que des groupes ayant fait la gloire de la ville ; Liverpool, d’ailleurs, était une ville portuaire par laquelle les nouveautés américaines transitaient avant de rejoindre l’ancien monde. King Hannah est un groupe résolument rock, mais d’un rock à l’embranchement entre le blues et l’atmosphérique et le post-rock, le shoegaze – et parfois le stoner, et rappel les accents caractéristiques de PJ Harvey, de Nick Cave ou encore Portishead (Bristol), auxquels ils sont souvent comparés. Il serait pourtant impropre de les définir comme un simple ersatz, ou un pot-pourri d’influences diverses, tant l’univers que les deux comparses ont créé aux détours de leurs productions, est divers et profond.

Stylistiquement, l’ensemble musical est très épuré ; il consiste principalement du duo guitare électrique (Craig Whittle) et de la guitare acoustique et de la voix d’Hannah Merrick. Un clavier et une batterie viennent prêter renfort à la formation. Ce qui frappe de prime abord, c’est la voix sulfureuse et rauque d’Hannah, profonde, envoutante et nonchalante, ténébreuse et un peu rebelle. Les sujets abordés sont aussi divers qu’ordinaires, et traités de manière sarcastique, cinglante et personnelle. L’univers, étrange, proche des grands espaces, à la beauté sombre et planante, est touchant. Ceci est également dû à la symbiose entre les deux protagonistes, qui semblent fusionner comme une seule personne.

L’album est cohérent, et chaque piste semble émerger naturellement d’un processus de création maîtrisé ; dans la plupart des chansons, Merrick chante, et les motifs ou les riffs sont suffisamment simples, mais complexes, pour attirer l’attention. Puis, au fil de la musique, le ton monte, les instruments et les couches se rajoutent pour aboutir à un crescendo et une saturation exubérante ; on a aussi droit à des phrases à la guitare qui rappellent les Black Keys. Certaines pistes, comme “Ants Crawling“, sont des ballades ; ici, c’est Whittle qui prend la voix. Il y a également beaucoup de reverb dans le mix. Finalement, nous sommes plutôt contents que King Hannah ait choisi d’être soi-même, et attendons avec impatience de nouvelles compositions.

Voir dans le catalogue de la BML

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