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Fourmi

Julien Rappeneau

Un film vu à hauteur d’enfants qui traite avec finesse de problématiques d’adultes

Fourmi c’est le surnom de Théo. Pourquoi l’appelle-t-on ainsi ? Tout simplement parce qu’il est le plus petit joueur de l’équipe de football où il s’entraîne. Néanmoins, malgré sa petite taille, il est repéré par le grand club anglais Arsenal. Le recruteur profite d’ailleurs d’un déplacement en France pour venir le voir jouer. Même si cela ne se passe pas tout à fait comme Théo l’aurait souhaité, il va tout de même utiliser cet événement. Il fait croire à tout le monde qu’il est bel et bien retenu et intégré prochainement au cursus de formation de ce club prestigieux. Il espère ainsi tirer son père de la mauvaise passe qu’il traverse pour renouer avec son « Papa d’avant ».

Le dernier film de Julien Rappeneau est une affaire de famille puisque son frère Martin participe à l’aventure en y composant la musique. C’est le deuxième long métrage de ce réalisateur. Souvenez-vous, il avait fait en 2015 Rosalie Blum avec Noémie Lvosky. C’était alors l’adaptation d’une bande dessinée. Là encore, c’est le cas. Il adapte une BD pour mettre en place cette chronique familiale touchante.

Les protagonistes de cette comédie sont, en effet, très attachants. Julien Rappeneau nous offre de beaux duos d’acteurs en entrecroisant plusieurs parcours de vie à travers les personnages. Tout d’abord, Laurent (François Damiens), père désœuvré, qui admire profondément le talent footballistique de son fils et Maleaune Paquin (Théo), qui lui, adore son père malgré ses débordements. On a déjà vu ce jeune acteur dans « Rémi sans famille ». Ici, il sait aussi émouvoir et nous attendrir mais est également très crédible en jeune footballeur de talent. Le naturel de son jeu est stupéfiant. C’est un nom à retenir tout comme ceux jouant ces amis, respectivement incarnés par Cassiopée Mayance (vue dans « La finale »), Ismaël Dramé ou encore Pierre Gommé (vu dans « le bazar de la charité »).

Il y a un autre duo inédit de cinéma que forment François Damiens et André Dussolier. Ce dernier joue le l’entraîneur du club. On a avec lui, une précision et une forte présence à l’écran, mais aussi, une fantaisie et un décalage qui s’accorde bien avec le personnage du père. Celui-ci est à la fois incontrôlable et drôle avec également un grain de folie en lui tout en étant très humain. Il peut être totalement extrême d’une scène à l’autre en passant du comique à une profonde gravité.

Ainsi, « Fourmi », est un film qui peut toucher tous les âges. Le mensonge de Théo va se répercuter sur toute une galerie de personnages avec des liens qui vont s’entrelacer. C’est cet ensemble qui donne l’esprit du film. Julien Rappeneau a donc su trouver le bon ton pour nous raconter cette histoire doublée d’une peinture sociale, malheureusement très proche d’une certaine réalité.

Voir dans le catalogue de la BML

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