logo-article

Etouffer la révolte

La psychiatrie contre les Civil Rights, une histoire du contrôle social

Jonathan Metzl

En explorant les archives de l’Hôpital d’Etat d’Ionia dans le Michigan, le psychiatre Jonathan Metzl découvre que les contours diagnostics de schizophrénie sont associés essentiellement à la population noire.

 

La question du recoupement des diagnostics de maladie mentale, et notamment de la schizophrénie, avec les patients issus de la communauté noire des Etats-Unis, dans un contexte de tensions sociales, devient centrale dans ce document. Cette association revêt un caractère politique et devient un outil pour mettre fin au mouvement de revendication des droits des années 1954-1968 (et au-delà).

Elle s’inscrit dans la continuité de certaines théories pseudoscientifiques qui voulaient que les Noirs soient « psychologiquement inaptes » à la liberté ou encore, dans les années 1850, qu’ils souffrent de drapétomanie, et notamment ceux qui essayaient de s’échapper pour se soustraire à l’emprise de leurs maîtres. Une autre unité de maladie, la dysaesthesia ethiopis, voulait les Noirs irrespectueux de la propriété du maître et disposés à la « scélératesse » qu’on prétendait guérir à travers une solide cure de coups de fouet. Ces idées, publiées dans des revues scientifiques depuis le XIXe siècle, ont imprégné la psychiatrie américaine du XXe siècle.

Les observations sur des pratiques imprégnées de racisme et de stéréotypes en vigueur chez les psychiatres, qui se réclament pourtant d’une démarche scientifique, existent chez de nombreux auteurs. C’est le cas du psychanalyste britannique Darian Leader qui aborde dans « Qu’est-ce que la folie ? » e.a. les questions de manque d’objectivité et de professionnalisme ainsi que la tendance à attribuer plus facilement la pathologie aux personnes de condition sociale plus modeste ou de couleur.

 

Voir dans le catalogue de la BML

Partager

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.