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Blackwater

Michael McDowell

« Chaque après-midi, le monde avait l’air de mourir, et tout devenait immobile »

Série addictive et culte de l’autre côté de l’Atlantique, Blackwater a fait l’évènement de ce printemps littéraire 2022. Si le buzz doit beaucoup au talent de son éditeur, le très recommandable Monsieur Toussaint Louverture, Blackwater n’en reste pas moins une œuvre littéraire que l’on n’oublie pas facilement.
Nous nous attachons ainsi à l’épopée du clan Caskey, qui, parti de presque rien – leur fief s’appelle quand même Perdido – va incarner, par sa réussite, en une cinquantaine d’années à peine, le Rêve américain mieux que quiconque. La famille de notables traverse donc le 20e siècle, dans un Alabama immuable, encore hanté par la Guerre de Sécession et par l’esclavage. « Chaque après-midi, le monde avait l’air de mourir, et tout devenait immobile ». On jurerait que ces sentiments inspirés à Carson McCullers par son héroïne, l’inoubliable Frankie Addams, sont également partagés par les Caskey, lorsqu’ils se balancent dans leurs fauteuils sous le porche de leurs maisons, un verre de thé glacé à la main.
De la Géorgie de McCullers à l’Alabama de McDowell, nous retrouvons le même Deep South. Ce vieux sud, rongé par le Mal, qui refuse de voir sa déchéance en face. Car, dans ces terres coincées entre le Golfe du Mexique et les marais pleins d’alligators, qui exhalent de forts relents de pourriture, les monstres rôdent.

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Voir dans le catalogue de la BML

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