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Au pied du mur

Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967)

Vincent Lemire

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1967, le quartier maghrébin, aménagé par le fils de Saladin à la fin du XIIe siècle pour héberger de pieux pèlerins à Jérusalem, est détruit. C’était un waqf islamique, statut qui le protégeait de toute aliénation ou spoliation. La proximité avec le Mur Occidental constituait sa grande spécificité. Ce quartier a cependant précédé la sanctuarisation du mur de quatre siècles, argument fort dans une ville comme Jérusalem, où les pas de l’histoire sont comptés.

Etrangement, les Etats ne réagissent pas…

La France, dont la présence est reconnue depuis 1536, et qui jouit d’un siège permanent à l’ONU, n’a pas répondu. « Un silence assourdissant », dit l’auteur. Pourtant, la politique française affichée dans les années ’50 visait à garantir une protection du quartier maghrébin. Les gouvernements des pays du Maghreb non plus, pour des raisons politiques, comme par exemple le fait que la défense du quartier de pieux pèlerins n’était pas en conformité avec l’image révolutionnaire de l’Algérie socialiste.

L’historien déterre cette histoire enfouie et pose la question fondamentale, celle de l’oubli : comment a-t-on pu mettre de côté cette destruction ? Que veut dire cet “oubli” et comment il a été construit ?  Le rôle de l’Etat israélien est souligné – sa politique de la dissimulation est le fait de la faire passer pour une initiative des entrepreneurs privés pour escamoter le rôle de l’armée, de la municipalité et du gouvernement.

Voir dans le catalogue de la BML

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