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Alice et le maire

Nicolas Parisier

La vie politique d'aujourd'hui traitée sous un angle inattendu

Fabrice Luchini campe le maire de Lyon. Un maire investi, aimé par sa ville, mais un maire en manque de motivation. Il n’a plus d’idées, plus d’inspiration pour son programme. Pour tenter de remédier à son problème, il fait appel à Alice, une jeune femme brillante, jouée par Anaïs Demoustier. Normalienne, agrégée de philosophie, elle est embauchée pour un poste dont elle-même n’arrive pas très bien à cerner tous les enjeux. Mais bien que complètement étrangère à ce milieu, Alice va tenter de comprendre et essayer de jouer au mieux ce rôle de catalyseur. Ainsi, ces deux personnes vont être amenées à se poser des questions, à philosopher sur la notion de l’engagement politique, celle aussi de l’investissement dans le travail et plus largement, sur l’orientation que l’on peut donner à sa vie.

Pour nous spectateurs, c’est vraiment jubilatoire car il y a de véritables joutes verbales. C’est un film qui ravira les amoureux de la langue française. Il se concentre sur la relation qui naît entre les deux personnages principaux. Le postulat de départ, qui est somme toute assez simple, repose sur cette question anodine : qu’est-ce qu’une idée ? Plus précisément, qu’est-ce qu’une idée en politique ? Ce film va vraiment creuser cette question-là et mettre en scène de longs échanges entre Alice et le maire. Ils vont à la fois parler de sujets très contemporains et dans le même temps déborder un peu du cadre strictement professionnel pour aborder des sujets beaucoup plus ouverts.

C’est vraiment un film sur la  parole, sur son mécanisme, sur comment mettre en mots des idées, des discours, sur l’éloquence. Ce qui est très réussi, c’est justement la façon dont sont filmés ces dialogues. Nicolas Parisier le fait en déployant une mise en scène délicate et discrète mais non dénuée de rythme. Cela rend ces conversations passionnantes de bout en bout avec cependant une énergie permanente et en même temps une profonde douceur.

Au-delà du contexte politique, ce film évoque aussi la rencontre. C’est ici, la rencontre de deux solitudes, de deux générations différentes. Néanmoins, ce récit évite d’emblée les clichés attachés à ce genre de relation De fait, on n’a pas du tout un rapport de maître à élève qui se crée mais somme toute, un rapprochement et une confiance directe. Il y a entre eux comme une reconnaissance immédiate, ce qui amplifie naturellement l’aspect très émouvant de leurs conversations.

Un beau film donc qui prend place dans le microcosme des édiles, tourné à Lyon de surcroît.

Voir dans le catalogue de la BML

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