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A Love Suprême

Xavier Durringer

"Petite punk" de Province, danseuse et apprentie comédienne, Bianca, paye ses cours de théâtre en travaillant comme strip-teaseuse dans un « peep-show » de Pigalle. Ce qui était provisoire, se pérennise.

Bianca se reconnaît comme artiste de la Pole Dance, et le « Love Suprême », devient la scène sur laquelle elle va se produire pendant 32 ans. Elle est finalement remerciée par les nouveaux propriétaires. Alors, face à la peur de vieillir et face à l’absence d’avenir, elle décide de nous raconter sa vie à Pigalle : le Pigalle de la période faste et dorée de la fin des années 80.

Entre légèreté et gravité, la tonalité du récit s’inspire de l’album de John Coltrane, « A Love Supreme » créé en 1964. La parole du personnage,  physique, instinctive, cinglante, nous tient en haleine et en émerveillement. On croit qu’il va y être question de prostitution, et l’on s’aperçoit qu’il y est question du scintillement du monde de la nuit, du brassage des cultures et de la difficulté d’aimer.

Combative, elle ne laisse pas nos idées reçues et nos représentations abîmer sa vie d’artiste de Strip. C’est une femme debout face à ces choix. Elle porte un regard sans compromission sur l’évolution de la société, des années 80 à nos jours, à travers son expérience.

L’Auteur

« A Love Suprême » édité en 2019, est une commande d’écriture de Dominique Pitoiset, pour la comédienne Nadia Fabrisio, à Xavier Durringer.

L’auteur, né à Paris en 1963, débute avec des cours de travail d’acteur, avant de se lancer dans la mise en scène. Son premier spectacle, « Une rose sous la peau » est récompensé en 1988 par la FNCTA. En 1993, il se tourne vers l’écriture et la réalisation cinématographique. Ces textes sont traduits dans plus de 30 pays, et font l’objet de nombreuses créations. En 2017, il reçoit le prix du meilleur téléfilm aux International Emy Awards pour « Ne m’abandonne pas ».

Extrait

« Moi j’ai organisé ma vie autour de cette barre comme un derviche tourneur. La fille à côté, la nouvelle génération, elle, elle vient pas de la danse, ni de la comédie, ni du pole dance, ça je peux vous le dire, elle, elle s’enduit d’huile de noix de coco, elle fait que ça, s’enduire d’huile de noix de coco partout, c’est pas de l’art, c’est pas de la danse, y a pas de recherche, y a pas de numéro, y a rien ! Elle, elle dit à tout le monde que c’est son numéro à elle que de se mettre de l’huile, mais c’est pas du travail, y a pas de chorégraphie, y a rien ! De la noix de coco, je te jure et après dans les salons, elle fout la tête des clients dans ses deux gros nichons huilés et elle les finit à la main comme on ferait monter des blancs en neige, y a pas de style, pas d’élégance, voilà le job contenu dans un kleenex au fond d’une poubelle ! Voilà comment le métier a changé, a évolué, y a plus de recherche artistique à ce niveau-là ! C’est un métier qui disparaît juste pour le profit, ce job c’est une métaphore de la vie du dehors… »

Voir dans le catalogue de la BML

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