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Magie, magie, la nouvelle façon de créer

- temps de lecture approximatif de 7 minutes 7 min - Modifié le 20/04/2017 par le fonctionnaire inconnu

Vous n'avez plus aucun souvenir de Majax et Garcimore ? Pour vous, la magie se résume à quelques images glanées au cours de naufrages télévisuels... Un présentateur en goguettes, un magicien en paillettes, une assistante en miettes. Peu importe, oubliez vos préjugés sur la magie et partez à la découverte d'un nouveau mouvement artistique. Place à la poésie, bienvenue dans le monde de la "Magie nouvelle" !

©  CIAM
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La magie nouvelle


Manipulation(s) par Olivier Porcu

En effet, comme le cirque il y a quelques années, la magie est aujourd’hui en pleine renaissance. Jusqu’à présent, elle n’était qu’une discipline technique qui se suffisait à elle-même, et les magiciens étaient le plus souvent de simples « montreurs de tours ». Le mouvement de la magie nouvelle s’affirme au-delà comme une pratique et un langage artistique autonome et foisonnant.

Raphaël Navarro, codirecteur de la compagnie 14:20, magicien et scénographe, est à l’origine du mouvement. Il coordonne une formation spécifique au CNAC (Centre national des arts du cirque) où se côtoient magiciens « anciens » et magiciens « modernes », auteurs et metteurs en scène, jongleurs et circassiens, artistes multimédias et plasticiens, universitaires et intellectuels.

Ci-dessous découvrez quelques-uns d’entre eux à travers leurs travaux respectifs :

  • Abracadabra, film du chorégraphe Philippe Decouflé et magicien à ses heures. Un « essai cinémato-numérique magique tout en désordre, où les danseurs se font lettres, loupiotes articulées et, comme sur scène, où les angles de vision démultipliés jouent allégrement sur l’illusion. »
  • Le site du magicien Abdul Alafrez, magicien extrêmement doué dont le « plus grand talent est poétique. Et son tour le plus étonnant consiste à rendre à l’illusionnisme une aura vraiment magique. »

La magie moderne

Jean-Eugène Robert-Houdin (1805-1871)

Robert-Houdin

Pour les praticiens de la magie nouvelle, il n’est cependant pas question de renier les origines et ceux-ci se revendiquent complètement du père fondateur de la magie moderne, Jean-Eugène Robert-Houdin.

Personnage peu connu du grand public, Jean-Eugène Robert-Houdin est pourtant le « rénovateur de l’art magique ». Il est en effet celui qui dès les années 1850 « casse l’image charlatanesque qui collait aux magiciens. La robe parsemée d’étoiles et le chapeau pointu type Merlin cèdent la place au smoking ; l’élégance, la poésie et l’humour se substituent aux boniments des artistes de foire. » Horloger, il fut également créateur d’automates fabuleux et révolutionna la prestidigitation en fondant le Théâtre des soirées fantastiques, spectacle de magie le plus célèbre et le plus imité du XIXe siècle. Il fut également l’un des pionniers de l’électricité et de l’ophtalmologie.

« Robert-Houdin, c’est aussi ce rêve du XIXe siècle, qui vouait un culte à la science, mais l’abordait encore comme quelque chose de magique. On a pu dire de Robert-Houdin qu’il a su mettre de la science dans sa magie, et de la magie dans la science. C’est le lien entre Jules Verne, Alexandre Dumas et Villiers de L’Isle-Adam. »

  • A découvrir les écrits de Robert-Houdin, notamment sur L’art de gagner à tous les jeux ! A lire aussi dans le même ouvrage son texte avant-gardiste sur la domotique appliquée à sa propre demeure du Prieuré.
  • A lire dans la revue Historia du mois de mars 2008, un article incroyable sur le rôle qu’a joué Robert-Houdin durant la conquête de l’Algérie par la France dans les années 1850.

Georges Méliès (1861-1938)

Méliès le cinémagicien

Dans le sillon tracé par Robert-Houdin, et à l’heure où les nouvelles technologies de l’image font une apparition remarquée dans la magie, profitons de l’hommage actuellement rendu par la Cinémathèque française pour saluer Georges Méliès, le « cinémagicien ». Il est plus connu du grand public que Robert-Houdin car c’est par lui que le cinéma s’est découvert un attrait pour le rêve et la fiction, et a développé l’usage des effets spéciaux.

Méliès reprend en main le théâtre Robert-Houdin ainsi qu’un nombre importants de ses tours, escamotage, automates et trucages sur scène puis à l’écran : personnages qui grandissent ou rapetissent, disparaissent et se métamorphosent ou se multiplient. Entre 1896 et 1912, il réalise 520 films avant de faire faillite, de tomber dans l’oubli et de brûler ses négatifs dans un accès de colère !!

  • A voir le documentaire La magie Méliès retraçant le destin de celui qui mis au point la plupart des trucages et effets spéciaux du cinéma et comportant 15 films sauvegardés, chose rare, de Georges Méliès.

Vous l’aurez compris, il est donc temps de réhabiliter la magie, cet art majeur auquel on doit beaucoup de nos rêves et dont les possibilités expressives et créatrices sont infinies et pourtant délaissées. Alors désormais lorsque vous entendrez parler de « Magie nouvelle », approchez, écoutez, regardez et surtout, parlez-en autour de vous !

 

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