Riz amer
Giuseppe De Santis
lu, vu, entendu par Pam - le 25/05/2026
Bella Ciao !
Les premières images, avec un virevoltant ballet de jambes de femmes qui entrent dans l’eau de rizières du Pô, sont déjà une merveille cinématographique. A la fois sensuelles et sociales, elle résument ce film qui mêle une exultation des corps et l’épreuve phénoménale du travail harassant qui les épuise.
Un reporter de Radio-Turin décrit le départ du train des mondines qui vont travailler le riz dans les rizières. Parmi elles la complice d’un malfrat… Les ingrédients sont là pour donner à voir une histoire faite d’intrigue policière, trahison, solidarité, passion, érotisme et conscience du sort du prolétariat.
Ce qui frappe dans ce récit, ce sont les visages filmés de très près, la chair désirée et désirante, l’humanité envisagée dans ses aspects les plus lumineux et les plus sombres. Le duo de voleurs de collier en fuite ne tient pas longtemps, Francesca (Doris Dowling) ouvrant les yeux sur la duplicité de son amant, Walter (Vittorio Gassman époustouflant de sournoiserie) dont Marco est le personnage, intègre, en parfait miroir (premier rôle, déjà remarquable, de Raf Vallone), et découvrant cet univers de femmes dures à la tâche, dévouées à leurs soeurs de labeur, et, interdites de parole par leurs employeurs, livrant leur malheur en un chant déchirant.
Et puis il y a Silvana, à laquelle la superbe Silvana Mangano offre une palette illimitée d’émotions à vif. Elle n’est qu’onde voluptueuse, volcan explosif, fièvre toute entière, envie frénétique de vivre.
Chef d’œuvre du néoréalisme italien, cette ode à la collectivité et aux femmes est d’une humanité bouleversante …
… et retentit du chant originel de résistance des ces mondines.
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