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Le dernier debout : Jack Johnson, fils d’esclaves et champion du monde

Adrian Matejka, Youssef Daoudi, traduction Sidonie Van den Dries

Portrait à la première personne d'un grand boxeur, expérience littéraire et graphique époustouflante, plongée sans complaisance dans les tensions raciales états-unienne : une bande dessinée à ne pas manquer.

Jack Johnson (1878-1946) fut le premier Noir américain à remporter le titre de champion du monde de boxe poids lourds, titre qu’il conserva de 1908 à 1915.

Une vie hors norme, déjà évoquée en bande dessinée dans Il était 2 fois Arthur de Grégoire Carlé et Nine Antico. Ici, c’est le poète Adrian Matejka et le dessinateur Youssef Daoudi qui nous la racontent.

Le récit, non linéaire, s’articule autour d’un match disputé le 4 juillet 1910 à Reno (Nevada) contre l’ancien champion James Jeffries. « Combat du siècle » selon la presse de l’époque, chroniqué par les plus grandes plumes.

Johnson a un avantage : il est à l’apogée de sa carrière et de ses capacités physiques. Jeffries, lui, sort de cinq ans de retraite riche en lipides.

Mais Johnson a aussi un handicap : il est noir. Et entouré d’un public de 22000 blancs de 1910. 22000 racistes en canotier hurlant « tuez le nègre » à l’unisson, dans un pays ségrégué. Après une campagne de presse relevant du manifeste suprémaciste permanent.

Johnson gagne facilement en 15 rounds. Mais il devra payer toute sa vie son refus de se laisser intimider. Harcèlement policier constant, emprisonnement pour avoir épousé une femme blanche, exil… L’issue du match a par ailleurs déclenché des émeutes raciales entraînant plusieurs dizaines de meurtres.

L’ouvrage n’édulcore rien de la personnalité que fut Johnson : hâbleur, vantard, flambeur, amoureux des belles mécaniques, parfois violent dans le contexte domestique. Mais cette honnêteté fait justement la force de cet album à la fois expérimental et accessible.

Voir dans le catalogue de la BML

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