Le mot du mois

Bigorexie

- Modifié le 04/07/2016 par Sabine Cap'Culture Santé

Êtes-vous accro à la décharge de bien-être après le sport ? Organisez-vous toute votre vie et vos espaces de socialisation autour de votre sport favori ? Vous êtes peut-être bigorexique. Une maladie récemment reconnue par l'organisation mondiale de la santé.

© Pixabay
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Bigorexie, de big en anglais et orexie, du grec ancien orexis « appétit ». Un énorme appétit … de sport !

Face à une société de plus en plus stressante et lourde de responsabilité, le sport apparaît comme un exutoire bienvenu et valorisant. Le sport intensif permettrait aussi d’anesthésier des souffrances corporelles ou psychiques, comme pourrait le faire une drogue.
Dans le cadre de recherches sur des addictions sans drogues, le docteur William Glasser considère l’addiction à un exercice physique comme une addiction « positive » contrairement aux addictions « négatives », comme l’alcool ou les drogues. Ce côté addictif du sport est renforcé par la libération d’endorphines (génératrices de bien être), le système de récompense dopaminergique (SRD) qui renforce l’estime de soi.


JPEG - 40.9 koLe sportif observe les changements physiques liés à sa pratique sportive et en ressort conforté sur l’image qu’il renvoie. Ce processus est aussi lié à la dysmorphophobie : la crainte obsédante d’être laid, souvent récurrente chez les body builders.
Le sportif « bigorexique » organise alors toute sa vie autour de sa pratique sportive, ce qu’on appelle la centration ou focalisation. Il est vite frustré par les contraintes liées au temps, à la santé ou à la vie quotidienne, privilégie une alimentation adaptée, limite sa socialisation à des cercles d’initiés…
La bigorexie s’inscrit aussi dans un contexte culturel d’hypernarcissisme qui survalorise l’image du corps et le « culte de la performance ». Les anglo-saxons le nomme « culte d’Adonis », la volonté de sculpter son corps par l’activité physique, la recherche de la perfection, de l’harmonie, afin d’améliorer son image auprès de soi-même et des autres.

Pour finir, le sport est devenu un critère permettant de se valoriser soi-même mais aussi aux yeux des autres dans une société très stressante. Mais pratiqué en trop grande quantité, il devient aussi une drogue, à l’instar de l’alcool ou des stupéfiants. Un seul mot d’ordre : la modération !

Avez-vous des tendances bigorexiques ?

> Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre pratique d’exercices physiques ?

> Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre pratique excessive ?

> Avez-vous déjà eu l’impression que vous vous entraîniez trop ?

> Avez-vous déjà eu besoin de la pratique sportive dès le matin pour vous sentir en forme ?

A partir de 2 réponses positives ou plus, une dépendance est à craindre !

Pour plus d’informations, vous pouvez parcourir un article de Dan Véléa, psychiatre addictologue, auteur de Toxicomanie et conduites addictives

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