Journée mondiale sans tabac

30 ans de lutte contre le tabagisme

- Modifié le 21/06/2017 par Cécile Cap'culture santé

Depuis 30 ans, le 31 mai de chaque année, l’OMS et ses partenaires célèbrent la Journée mondiale sans tabac dans le but de souligner les risques pour la santé liés au tabagisme et de plaider en faveur de politiques efficaces pour réduire la consommation de tabac. Quelles leçons tirer de ces années de lutte ?

31 mai Journée mondiale sans tabac
31 mai Journée mondiale sans tabac Cop. OMS

Le tabac : principale cause de mortalité évitable dans le monde

  • Le tabac tue la moitié de ceux qui en consomment.

 

L’épidémie de tabagisme tue près de 6 millions de personnes chaque année. Plus de 5 millions d’entre elles sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, et plus de 600 000, des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée.

 

Une personne environ meurt toutes les 6 secondes du fait de ce fléau, soit un décès d’adulte sur 10.

 

Plus de 80% du milliard de fumeurs dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Source : « Tabagisme : Aide mémoire », OMS, juin 2016

Source de l’image : « Prix, taxes, lois… : comment les pays luttent contre le tabagisme », Le Figaro.

Les politiques internationales de lutte contre le tabagisme à l’OMS

  • 1987 : Création de la Journée mondiale sans Tabac
  • 2005 la signature de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac a permis des progrès considérables dans le monde en matière de lutte antitabac. Cette convention prévoit des dispositions visant à réduire la demande de tabac et d’autres destinées à diminuer à la fois la production et l’offre de tabac. Elle compte actuellement 168 pays signataires.
  • Depuis 2008, date à laquelle l’OMS a lancé le programme MPOWER le nombre de pays ayant instauré une ou plusieurs mesures MPOWER au degré d’exécution le plus élevé a plus que doublé, de même que le nombre de personnes couvertes par ces mesures

« La stratégie du programme MPOWER repose sur les six politiques les plus efficaces pour faire reculer l’épidémie de tabagisme :
M
onitoring : Surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention
P
rotecting : Protéger la population contre la fumée du tabac
O
ffering : Offrir une aide à ceux qui veulent arrêter de fumer
W
arning : Mettre en garde contre les méfaits du tabac
E
nforcing : Interdire la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage
R
aising : Augmenter les taxes sur le tabac »

Aujourd’hui :

  • Près de 40% de la population mondiale est protégée par au moins une mesure MPOWER.
  • Trois milliards de personnes supplémentaires sont couvertes par des campagnes dans les médias nationaux.

Il s’ensuit que des centaines de millions de consommateurs de tabac bénéficient des mesures prises par leur gouvernement pour les protéger des méfaits du tabac et améliorer leur santé et celle des autres, cependant que la probabilité de commencer à fumer est réduite pour des millions de non-fumeurs.

Malgré ces avancées, des lacunes importantes restent à combler dans la plupart des pays pour y instaurer des mesures efficaces de lutte antitabac.

 

En 30 ans, la proportion de fumeurs a baissé dans le monde

Selon des travaux de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) ayant porté sur 187 pays, de 1980 à 2012, et publiés dans le Journal of the American Medical Association la proportion de personnes qui fument dans la population a baissé de 42% parmi les femmes et de 25% chez les hommes. Mais un fort accroissement de la population mondiale depuis 1980 a contribué à une augmentation globale de 41% du nombre d’hommes et de 7% du nombre de femmes qui fument quotidiennement.

Durant ces 32 ans, quatre pays, le Canada, l’Islande, le Mexique et la Norvège, ont réduit de plus de 50% la proportion des fumeurs dans leur population, chez les hommes comme les femmes.

En 2012, la prévalence des fumeurs était plus élevée chez les hommes que chez les femmes dans quasiment tous les pays, à l’exception de la Suède.

Plus de 50% des hommes fument quotidiennement dans plusieurs pays, dont surtout la Russie (51%), l’Indonésie (57%) et l’Arménie (51,7%).

La proportion de la population féminine qui fume dépasse les 25% notamment en Autriche (28,3%), en France (27,7%) et au Chili (26%), et atteint 34,7% en Grèce, la plus élevée.

 

Les plus faibles prévalences de fumeurs masculins se trouvent à la Barbade, au São Tomé et au Nigeria, tandis que l’Erythrée, le Cameroun et le Maroc sont les pays où les proportions de fumeuses sont les plus faibles (moins de 1%).

Augmenter les taxes sur le tabac a un effet sur la consommation

« Une augmentation de 10% du prix d’un paquet de cigarettes permet de faire reculer la consommation de 2,5% à 5% dans les pays développés, et de 2 à 8% dans les pays en développement et sous-développés. Aux États-Unis, les prix du paquet a grimpé de 350% entre 1990 et 2014. Durant cette période, le nombre de cigarettes fumées par Américain a fondu de plus de la moitié. […]

En France, le prix du tabac est passé de 1.5 à 7 euros entre 1990 et 2014. Elle est le 14e pays au monde où les taxes sur le tabac sont les plus élevées, avec un taux à 80,3% du prix du paquet de cigarettes le plus vendu ». Source : « Prix, taxes, lois : comment les pays organisent la lutte contre le tabagisme », Le Figaro.

Source de l’infographie : « Depuis 1990, le prix du tabac est passé de 1.5 à 7 euros », Le Figaro.

 

En 30 ans, en France les décès liés aux tabac chez les femmes a été multiplié par 7

En 2016, la Fédération française de cardiologie (FFC) alerte sur l’évolution inquiétante des accidents cardiovasculaires chez les femmes en lien avec la progression de leur tabagisme. « Le nombre de décès liés à l’usage du tabac chez les hommes s’est infléchi de 11% entre 1980 et 2010, passant de 66 000 à 59 000. Par contre dans la population féminine il a été multiplié par 7, passant de 2 700 en 1980 (1% de tous les décès) à 19 000 en 2010 (7% de tous les décès) »

Source du graphique de la FFC : Evolution du nombre et du pourcentage de décès attribuables au tabagisme de 1980 à 2010 selon le sexe chez les sujets de moins de 70 ans (Ribassin-Majed L, Hill C. Eur J Public Health 2015 )

De même l’Unité Cancer et environnement du Centre Léon Bérard rappelle l’enquête du Baromète santé de l’INPES menée en 2010 (enquête téléphonique, représentative de la population de France métropolitaine âgée de 15 à 75 ans) auprès de plus de 27 000 individus, montre l’augmentation récente du tabagisme en France, alors qu’il était en baisse depuis plus de 20 ans. Mais l’ensemble des résultats est contrasté : la proportion de fumeurs de plus de 10 cigarettes par jour est en baisse, tandis que la proportion de fumeurs quotidiens apparaît en augmentation par rapport à 2005, en particulier chez les femmes âgées de 45 à 65 ans. Néanmoins, l’interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif, et notamment sur les lieux de travail (2007), a pu contribuer à la diminution du nombre de cigarettes fumées quotidiennement (InVS, Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011).

 

La lutte contre les cancers liés au tabac figure dans les objectifs prioritaires du 3ème plan cancer 2014-2019.

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