Pollution aux particules fines : quels impacts sur la santé ?

- temps de lecture approximatif de 6 minutes 6 min - Modifié le 21/06/2017 par Cécile CXR

Chaque année en France plus de 48 000 décès par an pourraient être attribués aux particules fines PM2.5, dont plus de la moitié dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Particules fines et pollution
Particules fines et pollution

Particules fines, kesako ?

Définition des PM10 et PM2.5

Les particules en suspension, communément appelées « poussières », proviennent en majorité de la combustion à des fins énergétiques de différents matériaux (bois, charbon, pétrole), du transport routier (imbrûlés à l’échappement, usure des pièces mécaniques par frottement, des pneumatiques…) et d’activités industrielles  très diverses (sidérurgie, incinération, photo chauffage, chaufferie).

En fonction de leur taille, on distingue les PM10 dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres et les PM2,5 dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres.

Pour en savoir plus, consulter le dossier consacré aux particules sur le site du Ministère de l’environnement

Selon leur granulométrie, les particules pénètrent plus ou moins profondément dans l’arbre pulmonaire

La surveillance réglementaire porte sur les particules PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm ) et depuis 2007, sur les PM2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 µm).

Les PM10 sont retenues au niveau du nez et des voies aériennes supérieures

Les PM2.5 pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires et passent dans la circulation sanguine, affectant potentiellement tous les organes.  Elles peuvent à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble.

Pénétration des particules dans l’organisme (Schéma réalisé sur la base d’un dessin du Dr J. Harkema). Source : Santé publique France.

Valeurs recommandées pour le taux de concentration des particules fines

Les recommandations ci-dessous sont celles de l’OMS

PM10
20 μg/m3 moyenne annuelle
50 μg/m3 moyenne sur 24 heures

Les valeurs limites en France pour les PM10 sont consultables sur le site du Ministère de l’environnement

PM2.5
10 μg/m3 moyenne annuelle
25 μg/m3 moyenne sur 24 heures

Si toutes les communes françaises respectaient la valeur recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (10μg/m3), ce sont plus de 17 000 décès qui pourraient être évités chaque année en France.

« Selon les Lignes directrices OMS relatives à la qualité de l’air, abaisser la concentration moyenne annuelle en PM10 de 70 µg/m3, un niveau communément enregistré dans nombre de villes en développement, à 20 µg/m3, soit le niveau préconisé par l’OMS, pourrait réduire le taux de mortalité lié à la pollution de l’air d’environ 15%.
Néanmoins, même dans l’Union européenne, où un grand nombre de villes observent les limites recommandées par l’Organisation, on estime que l’espérance de vie moyenne est amputée de 8,6 mois en raison de l’exposition de la population aux particules fines issues de l’activité humaine ».

Source : « Qualité de l’air ambiant et santé  : Aide-mémoire n°313»/ OMS, septembre 2016.

En France, le seuil d’alerte est déclenché lorsqu’on mesure  80 µg/m³ en moyenne journalière. Les modalités de déclenchement se font par arrêté du ministre chargé de l’environnement.

 

En dehors des pics d’alerte, il a y toujours un impact sur la santé

 

« Les effets de la pollution atmosphérique résultent surtout de l’exposition quotidienne aux polluants. Même à des niveaux peu élevés, les particules fines ont des effets inflammatoires et contribuent au développement de maladies chroniques », insiste Sylvia Médina, médecin épidémiologiste, responsable du programme de surveillance air et santé à Santé publique France.

Plus de 80 % des morts et des hospitalisations pour cause cardiaque attribuables à la pollution de l’air sont ainsi associées à des niveaux journaliers de PM10 inférieurs au seuil réglementaire d’alerte, durant les pics de pollution, de 80 µg/m3 d’air.

Comme le souligne  Sylvia Medina, « c’est la pollution chronique qui a le plus fort impact sur la santé ». Chaque année, elle est responsable de 9% de la mortalité. Elle génère des risques de cancer, de maladies respiratoires comme la BPCO (Bronchopneumopathie chronique obstructive) ou l‘asthme. »

Inflammation cellulaires, irritations chroniques, cancers…

Les PM10 et les PM2,5 entraînent des inflammations répétées, conduisant à une irritation chronique qui peut aller jusqu’à la mutation cellulaire. C’est pourquoi les particules fines sont classées comme cancérogènes certains pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé.

Source : Programme de surveillance Air et santé, InVs, 2014.

Le caractère cancérogène des particules fines et de la pollution de l’air dans son ensemble a été, par ailleurs, acté par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) en 2013.

Comment se protéger ?

Le ministère de la santé rappelle les recommandations pour protéger sa santé en cas de pollution de l’air aux particules fines.

L’Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône Alpes rappelle les conduites à tenir selon les seuils de pollution tant pour la population générale que pour les personnes vulnérables ou sensible.

Les personnes les plus vulnérables doivent davantage se protéger, à savoir les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans, les personnes âgées ou celles qui souffrent de maladies chroniques. Il s’agit d’éviter les sorties aux heures de pointe du trafic routier, ainsi que tout effort physique qui ne serait pas indispensable. Il ne faut pour autant pas se calfeutrer chez soi mais continuer à ventiler son logement et à marcher, si possible aux endroits les moins exposés.

Les sportifs ou les personnes qui travaillent en extérieur doivent également faire plus attention, en limitant leur effort physique et en s’éloignant des sources de pollution. Reste que faire du vélo s’avère plus bénéfique qu’être dans une voiture ou ne pas bouger.

Nos sources pour construire ce dossier :

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