Motets pour Saint-Sulpice / Nicolas Clérambault (2000)

À redécouvrir

- temps de lecture approximatif de 1 minutes 1 min - Modifié le 30/09/2016 par Civodul

Issu d’une lignée de musiciens français attachée au service du Roi depuis Louis XI, Nicolas Clérambault (1676-1749) est une figure majeure du baroque finissant.

Clerambault
Clerambault

Quoiqu’il fut, et demeure encore, davantage connu pour ses pièces d’orgue et ses cantates profanes, son œuvre vocale sacrée est tout à fait remarquable. Il composa plus de cent motets, dont la plupart, demeurés longtemps manuscrits, n’ont été redécouverts que récemment.

Il obtint la charge d’organiste à l’Eglise Saint-Sulpice à Paris.  C’est à cette paroisse, l’une des plus étendues du Paris de l’époque, qu’il destine ses motets pour voix d’hommes.  Les trois voix sont accompagnées d’une basse continue à laquelle s’adjoignent parfois flûte et violons. Diverses influences y voisinent : présence de l’écriture  italienne (virtuosité des vocalises)  et style galant (recherchant davantage la fluidité d’une aimable mélodie).

L’église que l’on connait actuellement fut inaugurée en 1745 et certains motets dédiés au saint saluèrent les différentes phases de la construction. La dévotion à la Vierge occupant  une place centrale dans les rituels d’alors cette prépondérance se retrouve dans la composition des pièces : Magnificat, Salve Regina.

On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Gérard Lesne, à la tête de son Seminario Musicale, s’octroie le rôle du dessus, accompagné du ténor Mark Padmore et de la basse espagnole Josep-Miquel Ramon I Monzo.  Ce trio de choix, vocalement somptueux, nous ravit : l’alto onctueux de Lesne, alors à son zénith, se marie merveilleusement – avec une troublante similitude de timbre dans le medium – au clair ténor d’une suavité tout anglaise. Parfaite euphonie que vient rehausser une basse un rien plus rocailleuse. Les climats et les affects s’enchainent dans l’écrin de velours du continuo, si bien que l’on ne sait guère si l’on est à l’office ou au concert.

Nous vous proposons à l’écoute un extrait  du Magnificat. A partir d’un matériau réduit Clérambault parvient  à varier étonnamment, en déambulant à travers variations et modulations,  dans une litanie hypnotique, le thème magnifiquement priant du « Et misericordia ejus » .

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