500ème anniversaire du Lycée Ampère de Lyon

- Modifié le 03/05/2019 par SBR Documentation régionale

Le lycée Ampère fête ses 500 ans d'existence. La Confrérie de la Trinité fonde, en 1519, un collège sur les bords du Rhône. Huit ans plus tard, le Collège de la Trinité est cédé au consulat, devenant une institution publique et municipale jusqu’en 1565. Les Jésuites vont ensuite lui permettre de devenir "Grand Collège". Sous Napoléon, l'établissement devient Lycée impérial en 1802, puis Collège Royal sous la Restauration. Ce n’est qu’en 1888 que l’établissement prend son appellation actuelle : Lycée Ampère. De nombreux élèves : écrivains, politiques, journalistes, artistes, musiciens scientifiques l'ayant fréquenté, ont réussi une brillante carrière.

Ancienne passerelle du Collège et bâtiments du lycée...
Ancienne passerelle du Collège et bâtiments du lycée... Ancienne passerelle du Collège et bâtiments du lycée Ampère / J. Sylvestre. BmL

1519-2019

Pour célébrer les cinq siècles d’existence du lycée Ampère, une farandole de 500 élèves de la 6ème aux classes préparatoires à laquelle se sont joints les personnels enseignant et administratif de l’établissement, a entouré le lycée. Puis un lâcher de 500 ballons multicolores, emportant dans les airs les valeurs partagées par les élèves, marque le début des festivités. Un cycle de 4 conférences « Les jeudis d’Ampère » permettant à des spécialistes de retracer l’histoire du lycée Ampère et son influence à Lyon se sont déroulées durant le premier trimestre. Un ouvrage collectif Lyon, du collège de la Trinité au lycée Ampère : cinq siècles d’histoire évoque l’histoire du Lycée associant textes d’historiens, de chercheurs, de spécialistes en architecture, en éducation mais aussi d’élèves, mêlant aussi textes et photos anciennes à celles d’aujourd’hui.

Les grandes périodes du Lycée Ampère

  • 1519…

Au début du 16ème siècle la Confrérie de la Trinité possède, à Lyon, un vaste ténement entre la rue Neuve et la rue Mulet. Sur une partie louée par le domaine royal, se trouvent le dépôt de l’artillerie et la fonderie de canons. A côté de cet ancien arsenal, la confrérie établit vers 1519 un petit collège confié à des maîtres séculiers où chacun peut moyennant deux sols six deniers par mois, envoyer ses enfants acquérir un peu de science élémentaire.

  • Collège municipal

Très rapidement la Confrérie ne parvient pas à faire face aux dépenses et des pourparlers s’engagent pour que le consulat se charge de la direction financière du Collège. C’est une chance pour les échevins qui souhaitent posséder un lieu d’enseignement en cette période de la Renaissance. Ainsi le nouveau collège devient, en 1527, une fondation laïque et municipale différente des autres établissements d’instruction crées et surveillés par l’Eglise.

A partir de 1536, le Collège Confrérie de la Trinité accueille des internes. La municipalité choisit le principal. L’enseignement, gratuit pour les élèves pauvres et étudiants de passage allant d’une université à l’autre, est dispensé par des régents choisis par le principal et agréés par le consulat. Les enseignants sont des humanistes, comme Barthélémy Aneau, qui créent des exercices littéraires et font jouer aux élèves leurs propres textes. Le collège comprend deux grandes cours, un puits alimenté par le Rhône et un belvédère surmontant un long corps de bâtiment parallèle au Rhône.

Lycée Ampère, côté Rhône / S. B-R, 2019

  • Congrégation des Jésuites

L’évolution du contexte politique et religieux ainsi que l’intensification de la lutte contre le protestantisme après le Concile de Trente vont permettre aux Jésuites de prendre en charge le collège, malgré un premier refus du consulat. Après un essai concluant de deux ans, le collège est confié le 14 septembre 1567, au prête jésuite Edmond Auger. Cependant la Ville n’abdiquera jamais son droit de propriété sur le collège.

Les Jésuites, dont le rôle pédagogique est largement reconnu, vont alors assurer gratuitement l’enseignement public. Une période de prospérité va débuter pour le collège. Le consulat achète à partir de 1578 les bâtiments voisins en vue de l’agrandissement du collège et rembourse aux Jésuites les frais occasionnés par les travaux du pensionnat.

Mais plusieurs évènements dont la tentative d’assassinat d’Henri IV en 1594 provoquent le bannissement de l’ordre des Jésuites considérés comme des corrupteurs de la jeunesse. Ils doivent quitter Lyon le 31 janvier 1595 provoquant immédiatement le retrait du collège de nombreux élèves. L’enseignement repris par le consulat manque de rigueur et n’est pas satisfaisant pour la Confrérie de la Trinité.

En 1603, l’enseignement par les Jésuites est de nouveau possible. Revenant au collège, ils ajoutent à leur programme de nouvelles disciplines comme l’astronomie, la géométrie. Le nombre croissant d’élèves nécessite d’agrandir l’établissement et les échevins s’engagent à pourvoir aux agrandissements nécessaires.

Entrée passage Ménestrier, côté rue de la Bourse / S. B-R, 2019

Plusieurs achats successifs ont permis d’acquérir la totalité du quadrilatère dans lequel est construit actuellement le collège. Etienne Martellange, frère jésuite et architecte de renom, réalise les plans des bâtiments toujours existants aujourd’hui. La première pierre du nouveau collège est posée le 19 décembre 1607. De grands travaux d’aménagement sont entrepris, notamment avec la construction du passage Ménestrier reliant les anciens bâtiments aux nouveaux.

200 chambres sont destinées aux pensionnaires (qui seuls rapportent de l’argent au collège), deux cuisines, une boulangerie, une boucherie, un barbier, une buanderie, plusieurs infirmeries, une pharmacie et de nombreux logements pour le personnel sont construits. Suite à un incendie en 1644, de nombreux bâtiments dont la bibliothèque sont détruits. La reconstruction est longue et les travaux vont durer jusqu’en 1657 sous la direction de Simon Maupin. De nombreux locaux sont liés à des activités culturelles et savantes du collège jésuite prouvant que le Collège est devenu un centre culturel de la plus grande importance formant les élites lyonnaises et même étrangères.

L’appellation « Grand Collège » date de cette période et est justifiée par la masse imposante des bâtiments mais aussi par la qualité de l’enseignement qui y est dispensé. Il s’oppose au collège de Notre-Dame dit « Petit Collège », fondé en 1630 et situé dans le quartier Saint-Jean.

 

Lycée Ampère, Cour d’honneur / F. B-R, 2019

  • Congrégation des Oratoriens

La suppression de l’ordre des Jésuites par le Parlement en 1762, entraine leur explusion. Le Consulat lyonnais souhaite modifier le programme d’études en ajoutant des langues vivantes, des sciences nouvelles (anatomie, physique, chimie…). Cette décision va effrayer les parents qui retirent leurs enfants pensionnaires du Collège. Après négociations la direction est confiée à la Congrégation des Oratoriens. Ces derniers reprennent les mêmes obligations que celles acceptées par les Jésuites (présentation du cierge, messes ..). La garde de la bibliothèque (dont un catalogue est rédigé par leurs soins) leur est confiée ainsi que celle du médaillier, aujourd’hui au musée des beaux-arts de Lyon et celle des instruments de physique et d’astronomie de l’observatoire. Cependant l’enseignement dispensé par les Pères de l’Oratoire attire moins d’élèves que celui des Jésuites. Les chambres libres sont louées à des particuliers, des boutiques y sont même installées procurant un revenu non négligeable. La loi du 18 Août 1792 (dissolution en France des congrégations religieuses) va mettre fin à l’enseignement par la Congrégation de l’Oratoire au Grand Collège.

En 1793, le Grand Collège sert de place forte aux armées révolutionnaires ayant assiégé Lyon.

Lycée Ampère, inscription datant de 1772 rappelant que le collège est la propriété du consulat / S. B-R, 2019

  • Ecole Centrale, Lycée impérial de Lyon

Puis, à partir de la fin de l’an IV jusqu’au 1er germinal de l’an XI, l’une des Ecoles Centrales, créées par la Convention dispense ses cours dans les bâtiments du Grand Collège. L’enseignement plus libre et sans programme précis, ne convient pas à l’âge des élèves.

La loi du 11 floréal de l’an X, votée le 1er mai 1802 sous le Consulat de Napoléon institue les lycées en remplacement des écoles centrales et réforme l’enseignement secondaire et spécial. Le Grand Collège devient, en 1803, Lycée Impérial de Lyon. L’Etat régit les lycées et finance les études des élèves. Très peu d’élèves intègrent cette institution qui semble étrangère à la Ville.

Suite à des désordres, il est important de réhabiliter le lycée auprès de la bourgeoisie lyonnaise en restituant notamment des distributions de prix présidées par le préfet et en créant un bulletin mensuel. En 1808, l’établissement est placé sous la tutelle de l’Université. Lors de la Première Restauration, quelques manifestations royalistes ont lieu au sein de l’établissement. Le lycée ayant souffert des agitations politiques des années précédentes, le maire de Lyon souhaite alors voir revenir les Jésuites. Le gouvernement, comprenant l’utilité de l’institution, va permettre le retour des ecclésiastiques aux postes d’encadrement.

Lycée Ampère, passage Ménestrier vu du lycée / F. B-R, 2019

Cette décision permet le retour au calme, et le lycée va doubler son effectif accueillant plus de 400 élèves sous la direction de l’abbé Rousseau (1817-1827).

En 1834, l’installation des facultés de lettres, sciences et théologie, au sein du lycée nécessite de nouveaux agrandissements. C’est à cette occasion, en 1836, qu’est construite la galerie sur voûte au-dessus de la rue Ménestrier par l’architecte Flachéron. Elle relie le lycée au pensionnat.

Chapelle de la Trinité, Fonds Lyon-Figaro / C. Essertel, 1989, BmL

  • Collège Royal, Lycée de Lyon

Sous la Seconde Restauration et la Monarchie de Juillet, il devient Collège Royal puis prend le nom de Lycée de Lyon à la suite de la Révolution de 1848. La loi Falloux met fin en 1850 au monopole de l’Université sur l’enseignement, des locaux administratifs vont se libérer entrainant les travaux d’agrandissement et d’aménagement confiés à René Dardel, architecte en chef à la Ville. Mais toujours en manque d’espace, le proviseur Mouillard achète en 1858, l’ancienne propriété Vincent de Vauglas (Saint-Rambert-l’île Barbe) pour en faire un internat à la campagne pour les plus jeunes pensionnaires. Dès son inauguration ce petit Lycée de Saint-Rambert reçoit 220 élèves. La Ville devient propriétaire du terrain en échange de la construction et de l’aménagement.

Grâce à la valeur de son enseignement, le lycée regagne la confiance des familles lyonnaises et entre dans une nouvelle période de prospérité. Vers 1862, l’inspecteur général Victor Duruy émet l’idée de reconstruire le lycée intégralement car celui-ci n’est toujours pas fonctionnel malgré d’ importantes sommes investies. Cependant, dans son rapport d’inspection général de 1864, il indique : il y a ici « un ensemble remarquable de dévouement et d’intelligence qu’on trouverait difficilement ailleurs… Aussi tous travaillent de concert et avec bonne volonté : les élèves sont entraînés et la maison marche ».

Vers 1880, les locaux ne servant pas à l’enseignement comme les logements, les ateliers et les boutiques sont réaménagés en salle de classe. Mais malheureusement l’espace et la lumière font toujours défaut dans ces vieux bâtiments et le projet de reconstruction d’un nouveau lycée est réétudié. Bien qu’approuvée en avril 1881 par le conseil municipal, aucune suite n’est donnée.

  • Lycée Ampère…

Le lycée prend, en 1888, le nom de Lycée Ampère en hommage au savant André-Marie Ampère, premier professeur de physique et de mathématiques du Lycée de 1803 à 1805. L’ouverture de deux annexes Ampère-Saxe en 1904 et Perrache en 1908 permet d’accueillir de jeunes externes dans des locaux plus spacieux. Il faut cependant attendre 1914 et la construction du Lycée du Parc pour avoir un nouvel établissement d’enseignement public à Lyon dans lequel les classes préparatoires aux grandes écoles et l’internat du lycée Ampère sont transférés.

Lycée Ampère CDI – Ancienne salle d’audience du tribunal des Prud’hommes / F. B-R, 2019

De véritables travaux de modernisation vont pouvoir débuter. Ainsi les dortoirs sont aménagés en salles de classes plus spacieuses, des laboratoires vont être créés, l’éclairage électrique est installé partout, les couloirs sont carrelés remplaçant le bitume froid et les dalles humides. Puis à partir de 1925, d’importants aménagements modifient l’aspect des lieux comme la surélévation d’un bâtiment de deux niveaux et le percement de nombreuses fenêtres. Au début des années 1960, le lycée échappe à une démolition évoquée par Louis Pradel en 1961. Les bâtiments sont propriété de la ville jusqu’en 1968 puis sont transférés à la Communauté Urbaine de Lyon.

Lycée Ampère, espace Bérenger / F. B-R, 2019

A partir de septembre 1977, le collège Ampère et le lycée Ampère ont une administration séparée et des locaux spécifiques. Il devient un lycée polyvalent régional à partir de 1986 en application des lois de décentralisation. Entre 1996 et 1999 à la demande du Conseil régional, un nouveau bâtiment est construit sur l’aile des Oratoriens le long du Rhône à l’angle de la rue du Bât d’argent. Il est dédié aux sciences et technologies tertiaires.

Un Monument aux morts, dans la cour d’honneur du lycée, porte les noms des 38 camarades tombés durant la guerre de 1870. Puis sont ajoutés les noms de ceux tués aux guerres de 1914-18 et 1939-45. Le 27 janvier 2005, une plaque commémorant les noms des 13 élèves juifs déportés par les nazis est inaugurée rue de la Bourse.

Actuellement le Lycée Ampère prépare aux Bac généraux (S, ES, L) et technologiques (Comptabilité et gestion + action et communication commerciales) puis aux BTS (Commerce International à Référentiel Européen, Comptabilité et Gestion, Professions Immobilières) et accueille les classes préparatoires économiques et commerciales.

 

La Chapelle de la Trinité

La Chapelle de la Trinité, édifiée par Etienne Martellange, architecte de la Compagnie de Jésus, ne fut commencée qu’en 1617, soit 10 ans après la pose de la première pierre du lycée. Les travaux durent jusqu’en 1619. Elle est consacrée le 29 octobre 1622. La façade et la sacristie ne sont achevées qu’en 1639. Elle est destinée aux élèves du Collège. Durant le 18ème siècle, deux campagnes d’embellissement ont lieu. L’architecte Jean Delamonce érige, en 1699, la chaire et les retables des chapelles latérales et entre 1734 et 1738, son fils Ferdinand-Sigismond, peintre et architecte, va remanier le chœur et y peindre l’Apothéose de Saint-François Régis. La Ville procède à une restauration générale en 1860, période à laquelle seront ouvertes trois baies au niveau du chœur. En 1920, la chapelle est fermée au culte. Son orgue de dix-huit jeux est vendu à Saint-Chef, en Isère, le maître-autel se retrouve à l’église Saint-Antoine de Gerland en 1933 et les statues du chœur sont transportées dans la cour de la Conférence Ampère (aumônerie du lycée, rue Duquesne). Reconvertie peu de temps en salle de gymnastique, elle est restituée à la Ville par le lycée à la suite de la création d’un nouveau gymnase dans les combles de celui-ci, à l’emplacement des anciennes chapelles servant de dépôt pour les livres de la bibliothèque au 19ème siècle. La Chapelle est classée Monument historique en 1939.

Chapelle de la Trinité, Fonds Lyon-Figaro / J.-M. Huron, 1987, BmL

Deux évènements importants ont eu lieu dans cette chapelle. Le 4 décembre 1622 François de Sales vient y prêcher peu de temps avant de mourir et elle accueille le 12 novembre 1801 la « Consulta » extraordinaire des Députés Italiens pour adopter la Constitution de la République Cisalpine notables de la République Cisalpine. Le 26 janvier 1802, le Premier Consul français Bonaparte se fait élire Président de la République Cisalpine. Une plaque commémorative rappelle cet évènement.

Dans les années 1990, à l’initiative de la Municipalité, de l’Etat et du Grand Lyon, elle a bénéficié d’importants travaux, la réhabilitant en un lieu accueillant conférences, actions caritatives…avec une prédominance tournée vers le patrimoine et la musique baroque. Les statues en marbre blanc sculptées par Jean Magnan ont retrouvé leur place. En 1999, la Ville de Lyon confie la programmation de la salle à l’association «Les Grands Concerts » fondée et animée par Eric Desnoues. La chapelle est le théâtre des créations des plus grands compositeurs du XVIII siècle et constitue l’un des joyaux du patrimoine lyonnais. La convention cadre et de mise à disposition des locaux signée le 24 novembre 2016, arrive à échéance fin juin 2019.

 

La Bibliothèque du Collège de la Trinité

Créée au XVI siècle, la Bibliothèque du Collège de la Trinité prend une importance grandissante grâce à des subventions du consulat, soucieux d’aider à l’instruction des enseignants et par conséquent à la jeunesse de la ville. De riches particuliers vont aussi léguer leur collection. Les livres sont conservés dans plusieurs petites bibliothèques situées à l’intérieur des chambres des pères résidant au collège. Puis en raison de leur nombre croissant, il est décidé de les regrouper.

Grâce à l’activité du père La Chaize et de l’archevêque Camille de Neufville, la bibliothèque devient un témoignage de la culture des Jésuites. Un globe céleste et un globe terrestre réalisés par le Père Grégoire en 1686 rejoignent la bibliothèque vers 1793.

Au milieu du XVIIIe siècle, avec près de 40 000 volumes, la Bibliothèque des Jésuites du Grand Collège passe pour l’une des plus belles du royaume et joue un rôle essentiel dans la vie intellectuelle et érudite lyonnaise. Elle est régulièrement visitée par des visiteurs de marque et princes étrangers. En 1912, la bibliothèque du lycée Ampère et le globe terrestre se retrouvent à Saint-Jean dans les locaux de l’Archevêché. En 1972, ils sont transférés à la Bibliothèque de la Part-Dieu.

L’observatoire, le premier d’Europe.

Soutenue par Cassini, le Père Jean de Saint-Bonnet, recteur du collège et professeur de mathématiques, envisage en 1684 l’édification d’un observatoire dans le Collège de la Trinité. La construction prend fin en 1703. Il est situé au-dessus d’une salle elle-même édifiée au-dessus du porche de l’église. C’est d’ici que le père Saint-Bonnet détermine la latitude de Lyon. Pendant le siège de la Ville par les troupes de la Convention, l’artillerie lyonnaise s’installe sur la plateforme, au-dessus de l’église et les bâtiments servent de logement à un détachement de l’armée victorieuse jusqu’à la fin de l’an VII.

Des instruments scientifiques et les collections du Cabinet de curiosités y sont regroupés. Lors du siège de Lyon en 1793, l’observatoire est vandalisé, le peu qui est récupéré est conservé au palais Saint-Pierre. Mais en 1817, grâce à l’initiative d’un professeur du lycée, François Clerc, la Ville rétablit l’Observatoire au sein du collège en refaisant d’abord la toiture puis en 1828, les locaux suite à la création d’un cours public d’astronomie. En 1867, cet observatoire est transféré dans une aile du Palais Saint-Pierre et en 1878 la Ville de Lyon, le Département du Rhône et l’Etat décident la création d’un observatoire astronomique et météorologique sur le point le plus élevé de Saint-Genis-Laval.

 

Lycée Ampère, haut de l’observatoire / F. B-R, 2019

Lieu de recherches conforme aux normes scientifiques de l’époque mais aussi espace pédagogique, cet observatoire va permettre aux professeurs du collège d’alimenter le réseau d’information de l’Académie des Sciences en fournissant tout au long du siècle, des relevés et des observations qui sont envoyés à Paris sous forme de mémoires conférant aux Jésuites une position prépondérante dans l’espace savant du royaume.

La Passerelle du Collège

La passerelle du Collège est exécutée en 1844 par l’ingénieur Félix-Napoléon Garrella pour le compte de la Compagnie des ponts du Rhône à la demande de Lyonnais habitant à l’est du Rhône et souhaitant permettre à leurs enfants élèves au lycée Ampère de franchir le Rhône en toute sécurité. Dynamitée en 1944, elle est aussitôt reconstruite. Il s’agit d’un ouvrage dit « suspendu », c’est-à-dire que le tablier est soutenu par des câbles en acier, la faisant osciller de temps à autre.

Passerelle du Collège / S. B-R, 2019

Références bibliographiques :

Le lycée Ampère a la recherche de son passé / d’après les textes originaux de Monsieur Ph. Pouzet,…

Le Lyon de nos pères par Emmanuel Vingtrinier

La chapelle de la Trinité : architecture et décors  Juliette Davenne

Une institution bien lyonnaise : le lycée Ampère in Société des amis de Lyon et de Guignol ; (n°230, oct. 2003, p. 16-18 ; n°231, fév. 2004, p. 14-16)

Le lycée Ampère d’hier à aujourd’hui in Revue d’information du Comité Centre Presqu’île ; (n°29, 2003/2004, p. 61-65)

Les chapelles et l’ancien collège de la Trinité in Bulletin de la Société historique, archéologique et littéraire de Lyon (t. 27, 1997, p. 143-156)

Les statues des jésuites de la chapelle du lycée Ampère / Jean-Gabriel Mortamet in Bulletin de la Société des amis de Lyon et de Guignol (No 222, Fév. 2001, p. 13)

Site du lycée Ampère

Les jésuites à Lyon, XVIe-XXe siècle

Inventaire Général du Patrimoine Culturel – Région Auvergne-Rhône-Alpes :

Guichet du Savoir : les globes du Père Grégoire

 

 

 

Tags

:

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *