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Squat

Yannick Bouquard

Comment squatter une école désaffectée sans effraction ? Comment retourner la lourdeur administrative contre elle-même ? Comment s’installer dans un bâtiment sans eau mais bien garni en amiante sans risquer une expulsion pour insalubrité ? Et surtout, comment vivre en communauté, dans une débauche relative, sans céder un pouce de terrain au Grand N’importe quoi ? Réponse dans cet impressionnant premier roman.

Deux ans dans la vie d’un squat de la région parisienne.
Deux ans de luttes et d’aventures pour une trentaine d’individus parmi lesquels on rencontrera un artiste trash répondant la journée au nom de Cap’taine Cheval et la nuit à celui de Monsieur Pain d’Epice, une contorsionniste pratiquant assidument les drogues hallucinogènes, un vagabond américain à moitié sioux qui ne s’exprime qu’en latin, quelques designers graphiques, monteurs vidéo, deux ou trois punks revendiqués, une trimardeuse polonaise, un chien.
Ensemble, ils survivront à treize coupures d’eau, à deux procédures en expulsion, à la haine d’une employée municipale, à la rapacité de la fourrière automobile du coin, au froid de deux hivers, à diverses invasions de « squatteurs de squat », et surtout, à leurs propres dissensions internes et à leurs problèmes de voisinage.

Très bien documenté, loin de tout romantisme de la marginalité, Yannick Bouquard livre une somme hilarante sur un mode de vie pas si éloigné de la société dont il occupe les marges, et impressionne par son inventivité langagière et sa créativité dans le sarcasme. Tout le monde en prend pour son grade, à commencer par le narrateur lui-même. Ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’un grand lyrisme pour décrire une traversée nocturne de Paris ou le retour du printemps.

Les débuts d’un vrai écrivain à style.

Voir dans le catalogue de la BML

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