Sister Midnight
Karan Kandhari
lu, vu, entendu par Pam - le 18/01/2026
Attention femme féroce !
Uma arrive dans un quartier pauvre de Mumbai, sans grand enthousiasme, pour, suite à un mariage arrangé, vivre auprès de Gopal.
Elle ne cesse d’aller de déception en déception : son mari est mou, alcoolique, peu intéressé par cette femme imposée. Hors l’espace très réduit et morne dans lequel elle se cloître, tout grouille de lumière écrasante, de bruits assourdissants, de voisins ressentis comme des juges à la curiosité malsaine.
Il faut dire que la jeune mariée a un caractère bien trempé et qu’elle se rebelle contre tous les attendus de ce que devrait être une épouse.
Cette révolte constante se manifeste par ses déambulations impulsives (au gré desquelles elle sort tout de même de sa méfiance envers le monde extérieur, la rencontre avec une voisine et avec des femmes transgenres qui sont sœurs de regard distancié et caustique sur la société normée offrant un nouveau souffle joyeux et impertinent au récit) et par l’incursion du fantastique : la nuit, Uma se découvre animée d’instincts vampiriques libérateurs envers tout animal qui croise son chemin (et qui ressuscite ensuite en stop-motion !).
Car ce film est tout sauf un film indien habituel : la bande-son à l’énergie rock (Buddy Holly, les Stooges ou T-Rex), les plans esthétiques et décalés, l’humour très grinçant, le côté burlesque à la Buster Keaton de l’héroïne, tout ce traitement inattendu permet un pas de côté à la fois étrange et merveilleusement sacrilège.
Loin des scénarios classiques, on assiste avec le délice d’être interloqué.e.s puis charmé.e.s à la naissance à soi-même d’une femme qui refuse le conservatisme ambiant et embrasse totalement, à pleines dents, à corps fiévreux, et même à coups de scie sanguinolents sa nature profonde.
Un hymne sauvage à la liberté individuelle !
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