Harvest
Athina Rachel Tsangari
lu, vu, entendu par Pam - le 29/01/2026
Récolte finale
Un village de l’Angleterre moyenâgeuse au milieu d’une nature vivace avec laquelle hommes et femmes font corps n’a pas de nom. Les paysans y habitant mettent du cœur au labeur et lâchent les chevaux lors de la fête de la moisson, jusqu’à, pour certains prompts aux forfaits, brûler la grange et le colombier du domaine (trois étrangers qui ont le malheur de passer par là sont vite désignés coupables, une femme qui réussit à s’enfuir après avoir eu les cheveux coupés par les villageoises devant les regards masculins concupiscents et deux hommes qui sont aussitôt mis au pilori).
La vie suit son cours jusqu’à l’arrivée de Jordan, un cousin par alliance de Kent, le maître bienveillant mais que l’on découvre sans grand pouvoir puisqu’il va devoir laisser la propriété des lieux à cet intrus mû par des besoins de domination foncière capitaliste.
La fin inéluctable d’un monde se déroule sous les yeux accablés de Walter, doux anti-héros, témoin faible et incapable d’agir contre la mise à mort de cette communauté imparfaite mais si vivante en comparaison avec cette naissance funeste d’une nouvelle société bien sinistre.
Esthétique sublime (les plans sont de véritables et magnifiques tableaux à la Brueghel et Jérôme Bosch), poétique et politique mêlées en la personne du cartographe Quill qui crée des œuvres d’une grande beauté mais qui se révèle le catalyseur des bouleversements inexorables, personnages féminins d’une grande force (au premier rang Kitty et Mistress Beldam qui sont des guerrières impressionnantes !), c’est un objet inattendu, exceptionnel, solaire, violent, ardent sur un moment de bascule historique que nous livre la réalisatrice.
Une disparition aussi fracassante que le dernier plan à voir absolument !
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