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Anne Rice rejoint Lestat dans l’éternité

- Paquita Lefranc

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Anne Rice © Jocelyn Michel

L’écrivaine américaine Anne Rice vient de décéder à l’âge de 80 ans. Auteure de romans fantastiques, elle a refaçonné la figure du vampire, le rendant beaucoup plus sensuel que ne l’ont fait avant elle Polidori, Sheridan Le Fanu ou Bram Stoker.

Née en 1941 en Louisiane, Howard Allen Frances O’Brien grandit à la Nouvelle Orléans. Ce patronyme masculin ne lui convenant pas, elle décide à 6 ans de s’appeler Anne et gardera ce prénom toute sa vie. Après le décès de sa mère, elle déménage au Texas et rencontre alors au lycée Stan Rice qu’elle épousera en 1961.

Dès l’âge de 20 ans, elle se met à écrire des récits érotiques. Ce n’est qu’après une tragédie familiale qu’elle trouve le thème qui canalisera sa souffrance : le vampire. En effet, en 1972, sa fille de 5 ans, Michele, décède d’une leucémie.

« Les écrivains dissimulent leur histoire derrière celles qu’ils inventent »

Après ce drame, sa douleur est telle qu’elle se met à écrire de manière compulsive pour rester vivante. Elle adapte en quelques semaines un de ses textes courts écrits en une nuit : Entretien avec un vampire. Ainsi nait le destin nocturne de Louis de Pointe du Lac, jeune propriétaire terrien veuf, qui se voit offrir l’immortalité par Lestat de Lioncourt. Le livre paraît en 1976 et sera suivi de plusieurs ouvrages constituant une œuvre canonique pour les amateurs de surnaturel : les chroniques des vampires. Il est également adapté à l’écran par Neil Jordan en 1994.

Sous une plume ensorcelante et gothique, Anne Rice réinvente le mythe du vampire qui devient romantique, flamboyant et tourmenté, à la recherche de notre humanité. Cette obsession pour le vampirisme trouve son origine non pas dans la littérature gothique mais dans un vieux film de Lambert Hillyer réalise en 1936, La fille de Dracula. Par ailleurs, il lui permet d’exorciser ses propres démons et de s’interroger sur la vie et la mort.

« J’écris des livres de ce genre, car c’est la seule manière que j’ai trouvée pour saisir un semblant de réalité. Je me moque du réalisme à tous crins et de la littérature “sérieuse” qui se focalise sur les petits problèmes du quotidien des “vraies gens” (… ) Il me faut de l’aventure, du rythme, de la tension dramatique, tout simplement parce que c’est comme ça que je perçois la vie. »

Si les Chroniques des vampires sont sans nul doute sa collection la plus connue, Anne Rice a écrit une quarantaine de livres, sous trois noms différents. Elle s’est essayée à différents genres, naviguant avec aisance entre le surnaturel, les fresques historiques et la pornographie.

Celle qui avait peur de la mort a désormais rejoint son dernier caveau. Une chose est sûre, tous les vampires de la littérature sont en deuil depuis ce week-end.

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