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Afrique du sud : avec les pieds, on peut aussi danser…

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 25/06/2016 par le département Arts Vivants à la médiathèque de Vaise

Peut-être avez-vous entendu parler de la diski dance, la danse officielle de la Coupe du monde de ballon rond 2010, où les Sud-Africains et les supporters de tous les pays sont invités à apprendre une petite chorégraphie constituée de cinq mouvements de base, inspirés des joueurs sur le terrain. En gros, c’est comme si on jouait avec un ballon de foot invisible...

Johnny Clegg
Johnny Clegg

La danse sud africaine la plus connue pour le reste du monde est certainement la danse zoulouet ses lancers de jambe ! – grâce au zoulou blanc – et militant – Johnny Clegg.

Dans l’histoire du pays, la danse a toujours été d’une grande importance. Elle a d’abord été une forme de célébration pour le culte des ancêtres ainsi qu’un moyen pour les guerriers de manifester leur force à l’approche du combat. Et pendant l’apartheid ensuite, et malgré l’absence d’infrastructure, elle fut un moyen privilégié pour échapper à la torpeur des ghettos et d’extérioriser les sentiments, comme lors de grèves par exemple.

« Le développement de la tradition de la danse sud-africaine ne peut être séparé de la tradition du théâtre de représentation et du théâtre de protestation avec son mélange de chansons, de mouvements et de danses. La comédie de protestation a créé certains styles en matière de techniques de danse et de théâtre, à savoir le toyi-toyi (une danse populaire de protestation), le mapuntsula (une danse de township), l’isicatamiya (une tradition chœur issue de mines et de foyers d’immigrants), le gumboots (une danse des mineurs), la danse zoulou et enfin le mogaba, plus contemporain et agressif. »

(Source : Ambassade d’Afrique du sud à Paris)

Les chorégraphes contemporains d’Afrique du Sud puisent aujourd’hui dans cette histoire pour proposer une danse politique, de caractère, débarrassée de son folklore local mais ne perdant pas ses racines populaires et sa vitalité.

Artistes à suivre

Robyn Orlin

Née en 1955 à Johannesburg en Afrique du Sud, Robyn Orlin est une danseuse et chorégraphe sud-africaine. Ses thèmes de prédilection ont directement à voir avec les drames qui ont parcouru et continuent de traverser son pays (apartheid, sida) en utilisant une forme de danse très théâtrale et en se servant de la vidéo.
A lire : Robyn Orlin : fantaisiste rebelle de Olivier Hespel
A lire : présentation de sa pièce Daddy, I’ve seen this piece six times before and I still don’t know why they’re hurting each other… par le Centre National de la Danse (fichier PDF)

Boyzie Cekwana

Boyzie Cekwana a grandi à Soweto et entamé sa carrière en Afrique du Sud auprès de Carly Dibakoane. A 23 ans, il devient chorégraphe principal pour la compagnie Playhouse Dance Company.
A lire : biographie complète sur le site Africultures

Gregory Maqoma

Danseur, chorégraphe et pédagogue, Gregory Maqoma est considéré comme l’un des plus talentueux artistes de la nouvelle génération en Afrique du Sud. Né à Johannesbourg en 1973, il commence à intégrer la compagnie Moving into Dance, créée par Sylvia Glasser, artiste qui a beaucoup fait pour l’échange et le dialogue entre les artistes de différentes cultures.

Vincent Sekwati Koko Mantsoe

Chorégraphe, interprète et professeur de danse, Vincent Mantsoe est né à Soweto, en Afrique du Sud. En 1990, il obtient une bourse pour suivre un stage de formation au sein de la Moving Into Dance Company (MID), compagnie créée par Sylvia Glasser, creuset de l’innovation artistique de la nouvelle génération des artistes noirs de la fin de l’apartheid. C’est à cette époque qu’il commence à explorer la possibilité de fusionner la danse de rue et la danse traditionnelle. Sa pièce « Gula Matari » mêle danse traditionnelle africaine, danse urbaine et danse classique occidentale.

Spectacle à voir

Gumboots

Ce spectacle est directement inspiré de la vie de mineurs noirs qui, durant l’apartheid, ont inventé ces rythmes alors qu’ils étaient enchaînés et réduits au silence au fond des mines pour des périodes de trois mois voire davantage !!! Les gumboots, ce sont les bottes que les employeurs leur fournissaient pour éviter de tomber malade (ils travaillaient les pieds dans l’eau…). Ils ont donc inventé un mode de communication en tapotant du talon leurs bottes et en faisant cliqueter les chaînes de leurs chevilles. Au fil du temps, ces codes sont devenus de véritables mélodies et ils ont instauré au fur et à mesure une sorte de chorégraphie.

Pour compléter votre connaissance du sujet, vous pouvez lire Afrique, danse contemporaine de Salia Sanou.

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2 thoughts on “Afrique du sud : avec les pieds, on peut aussi danser…”

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