The sun turns black
Aho Ssan
lu, vu, entendu par pj - le 16/07/2026
A moins d'être fidèle des agendas du GRM ou du Sucre, et d’apprécier à la fois le confort du velours et les frissons nocturnes, la musique d'Aho Ssan a pu passer jusqu'ici sous les radars habituels.
Après Simulacrum, premier album solo publié en 2020, Aho Ssan se démultiplie et étend véritablement son répertoire électronique sur Rhizomes (2023), à la fois plus incarné et plus déconstruit.
Édité conjointement par les labels Subtext et Ici d’ailleurs, The sun turned black semble pouvoir lui offrir une plus large audience.
Aho Ssan puise ses influences aussi bien chez Sun Ra que chez Baudrillard, et à ces ambitieuses références ajoute d’impressionnantes et fructueuses collaborations : Clipping, Moor Mother, KMRU, Nicolas Jaar… Unique et multiple – telle quelle la formule peut tout désigner ou presque. S’agissant de choix esthétiques ou de production musicale, tout devient plus réflexif. Et c’est ce qui prend forme ici.
Sans structures rythmiques, passant de phases granulaires à des motifs harmoniques, The sun turned black progresse comme un album ambient plutôt serein, mais où chaque enchevêtrement de timbres et de textures parait résister jusqu’à la rupture à d’imposantes tensions… avant le retour au calme, notamment sur les pistes 100 Suns Pt. I, Part. II et Part. III.
Voilà en somme le riche programme proposé par Aho Ssan avec ce nouvel album, dont il serait déraisonnable de procrastiner la découverte et l’écoute.
Voir dans le catalogue de la BML
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