Madrigali a cinque voci
Nicola Vicentino
lu, vu, entendu par GLITCH - le 26/03/2026
Désireux de réintroduire les styles de la Grèce antique dans les musiques de son temps, Nicola Vicentino nous propose dans son Madrigali a cinque voci libro quinto de 1572, un retour aux sonorités de la Grèce antique.
Créateur de l’archicembalo, ce clavecin composé de deux claviers offre la possibilité de fragmenter les intervalles entre chaque note permettant ainsi d’accentuer l’expression des émotions. Bien que cette fragmentation soit qualifiée de trop complexe pour les chanteurs et n’ayant pour cette raison pas été reconnue par les maîtres de son temps, Nicola Vicentino, fervent défenseur des styles grecs anciens, les introduit tout de même dans ses madrigaux.
Dès le premier morceau Poiché’i moi largo pianto, on peut entendre des sonorités tantôt ouvertes et lumineuses, tantôt sombres et tortueuses. Ce jeu sur les intervalles offre un panel plus large de sonorités et apporte dans la seconde partie du morceau, une atmosphère plus profonde et triste notamment lors des frottements entre la voix grave et aiguë qui participent à cette expressivité.
Dans le sixième titre de l’album, Toccata e genuschromaticum de Tarquinio Merula, œuvre purement instrumentale, on retrouve un exemple de cette utilisation des styles grecs anciens. Avec une marche en quart de ton dans la seconde moitié du morceau, on a cette impression d’intervalles très serrés, sombres et qui peuvent parfois sonner faux pour nos oreilles.
Nicola Vicentino à travers sa manière de réutiliser les styles de la musique grecque ancienne, instaure les prémices de la micro tonalité, dont les précurseurs seront des compositeurs tels que Charles Ives ou encore Yvan Wyschnegradsky dans les années 1920.
Voir dans le catalogue de la BML
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