La dépression : le mal du siècle ?

- temps de lecture approximatif de 19 minutes 19 min - Modifié le 04/07/2016 par Bibliothèque municipale de Lyon

La 6ème Journée Européenne de la dépression s'est tenue en France cette année sur 3 jours : du 7 au 9 octobre. Consacrée comme chaque année à la prise de conscience de l'importance des troubles dépressifs, elle réaffirmait une volonté européenne commune : exiger des solutions les mieux adaptées.

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Au même moment, l’actualité mettait sur le devant de la scène des suicides dans de grandes entreprises et relançait le débat sur la souffrance et la dépression au travail. Qu’est-ce que ce mal récurrent qui peut toucher tout le monde, de tout milieu et à tout âge et que l’on appelle la dépression ? Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression touche 3% de la population mondiale. Elle est la cause de 850 000 suicides par an dans le monde. Elle pourrait bien devenir, en 2020, la première cause mondiale d’invalidité, devant les maladies cardio-vasculaires. En France, selon une enquête de l’INPES menée en 2005 et publiée en 2009, 8% des personnes de 15 à 75 ans (soit 3 millions de français) interrogées avaient vécu une dépression au cours des douze derniers mois. « Bile noire » de l’Antiquité, mélancolie au XIXe siècle ou dépression au XXe siècle, quelle perception avons-nous de cette réalité aujourd’hui ? Comment ce mal est-il pris en charge par la médecine du XXIe siècle ? Enfin, cette maladie très invalidante, n’est-elle pas exacerbée dans le milieu professionnel ?

De la mélancolie au suicide : la dépression, une réalité mal comprise ?

Quelle prise en charge pour ce mal dit « du siècle » ?

Dépression et milieu professionnel : un phénomène à part ?

Mélancolie : Illustration François André VINCENT 1746 1816 La Mélancolie An VIII 1800 Huile sur toile Rueil-Malmaison musée national du château de Malmaison

De la mélancolie au suicide : la dépression, une réalité mal comprise ?

Faisant partie des quatre « tempéraments » composant la théorie humorale d’Hippocrate (sang, lymphe, bile jaune, bile noire) qui déterminait l’humeur du sujet, la bile noire des temps anciens provoquait la tristesse. Souvent considérée comme source de folie, cette bile noire était également source de création artistique. La mélancolie hante toute l’histoire culturelle de l’Occident c’est ce que nous rappelle les ouvrages suivants :

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Mélancolie : les métamorphoses de la dépression, de Hélène Prigent, éd.Gallimard, 2005. De l’antiquité à l’aube du XXIe siècle, la mélancolie s’est perpétuée sous d’autres noms : acedia, spleen, neurasthénie, dépression. En proposant un très large panorama de l’iconographie de ce sujet, ce livre éclaire d’une lumière singulière l’histoire de la mélancolie et des attributs qui lui sont attachés.
Saturne et la mélancolie, de Raymond Klibansky, éd.Gallimard, 1989 revient sur l’importance de la mélancolie comme facteur de création artistique. Enfin, rappelons qu’une exposition s’est tenue à Paris fin 2005 au Grand Palais sur le thème « Mélancolie : folie et génie en Occident« . Le propos de cette exposition coordonnée par Jean Clair était de montrer que la mélancolie, par tradition cause de souffrance et de folie, est aussi, depuis Aristote, le tempérament des hommes marqués par la grandeur (les héros et les génies). Sa désignation même de  » maladie sacrée « , implique cette dualité.
Mystérieuse, la mélancolie l’est toujours, bien qu’elle soit surtout soumise de nos jours, sous le terme de  » dépression « , à une analyse médico-scientifique.

Aujourd’hui, le terme de mélancolie a cédé la place à celui de dépression. La dépression se définit comme « un état pathologique caractérisé par une humeur triste et douloureuse associée à une réduction de l’activité psychomotrice et à un désintérêt intellectuel ». A la douleur morale insupportable peut s’ajouter un sentiment de faute.
Il ne faut toutefois pas confondre « déprime » et dépression. Familièrement, le terme de dépression peut recouvrir des états très divers allant du simple « passage à vide » à des troubles psychiatriques plus sévères. La déprime serait alors l’un des prémices de la dépression ou définirait une dépression légère. La dépression n’est pas « qu’un simple coup de déprime ! »

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Plusieurs idées reçues circulent sur la dépression. C’est à elles qu’à décidé de s’attaquer Bernard Granger dans son ouvrage La dépression, de , éd.Le Cavalier bleu, 2004
Ce livre propose une mise au point sur le mal dit « du siècle ». S’adressant tant au patient qu’à son entourage, il décrit tous les aspects de la dépression et les différents moyens de soigner cette maladie souvent mal comprise et difficile à admettre.

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L’ouvrage Idées noires et nuits blanches, de Marc Horwitz et Edwige Pailhous, éd.Larousse, 2009.
propose des pistes pour réagir lorsque l’on est confronté à un stress, des angoisses, une déprime ou une dépression. Que faire ? Qui consulter ? Cet outil complet est de plus illustré de nombreux témoignages.

Du point de vue des psychologues et des psychiatres, la dépression fait partie des maladies mentales les plus rencontrées dans la population, quels que soient l’âge et le milieu social. Un épisode dépressif peut être associé à certaines périodes de l’année (automne-hiver) ou de la vie (maternité, deuil, etc.)
La dépression saisonnière, appelé aussi « trouble affectif saisonnier », est une dépression liée au manque de lumière naturelle durant les saisons d’automne et d’hiver. Ainsi parle-t-on de dépression « hivernale ».

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En finir avec le blues de l’hiver : et les troubles du rythme veille-sommeil, de Laurent Chneiweiss et Claude Gronfier, éd.marabout 2008, est un guide complet et accessible qui donne toutes les clés pour comprendre et surmonter le blues de l’hiver.
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Maman, pourquoi tu pleures ? : les désordres émotionnels de la grossesse et de la maternité, de Jacques Dayan, éd.Odile Jacob, 2002 permet de comprendre les différentes formes de dépression maternelle : la dépression de la grossesse, le baby blues, la dépression post-natale et le trouble spectaculaire que représente la psychose puerpérale. Elle donne des conseils pour que le bébé n’en soit pas la victime.

Les caractéristiques de la dépression peuvent également varier en fonction de l’âge du patient. Tout le monde peut être touché : aussi bien l’enfant en bas âge, que l’adolescent ou la personne âgée.
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L’ouvrage Aider l’enfant dépressif : guide pratique à l’intention des parents, de Martha Underwood Barnard, éd.de l’Homme, 2006, illustré de quelques témoignages permet de mieux comprendre et de mieux évaluer les symptômes de l’enfant dépressif pour ensuite réussir à trouver l’aide dont il a besoin.

A propos du mal-être des adolescents, qui reste un sujet récurrent, on se reportera utilement aux ouvrages de Xavier Pommereau, médecin psychiatre spécialisé dans la prise en charge des troubles psychiques à l’adolescence et directeur du Pôle aquitain de l’adolescent au centre Abadie du CHU de Bordeaux.

Enfin, les personnes âgées ne sont pas épargnées par cette maladie. Une mise en garde et un protocole (Plan 2007-2010 / « Améliorez les psychotropes chez les personnes agées ») ont même été publiés par la Haute Autorité de la Santé (HAS) afin de souligner l’importance d’une prise en charge rapide des déprimes liées à la solitude du sujet âgé.

Le ministère de la Santé a mis en place un site dédié à ce trouble, afin d’aider les personnes concernées et leur entourage à réagir « pour en sortir ». Source incontournable, le site Info-Dépression permet d’appréhender la globalité du problème posé par la dépression. Il présente les symptômes, les formes et les causes de dépression, les troubles associés.
Autre approche globale, Les états dépressifs, de Jean-Louis Pedinielli et Amal Bernoussi, éd.Armand Colin, 2008, propose une vision d’ensemble des différentes formes de dépression.

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Il inventorie surtout les formes variables avec l’âge : dépression chez l’enfant et l’adolescent, le sujet âgé, et la femme enceinte ou jeune mère.
l’auteur décrit précisément la dépression, de la notion d' »humeur » à celle assez récente d' »état-limite ».
De ce point de vue, la dépression perçue comme un affaiblissement général de la personne, se révèle très invalidante.
Synonyme de prostration, tristesse, torpeur, cet état doit être correctement pris en charge. Quelles sont les solutions ? Autrement dit, la dépression se guérit-elle ?

Quelle prise en charge pour ce mal dit « du siècle » ?

Pour tenter de comprendre l’ampleur du phénomène en France, les pouvoirs publics ont tenté un « état des lieux de la dépression ».
Cela s’est traduit par une enquête sur la dépression en France (Anaped) conçue dans le cadre du plan « Psychiatrie et Santé mentale 2005-2008. Cette enquête a donné lieu à un ouvrage : La dépression en France : Enquête Anaped 2005 publié par l’INPES en 2009.(L’enquête est consultable dans son intégralité sur le site de l’INPES).
Il en ressort que la dépression demeure un problème majeur de santé publique. 18% de français ont présenté un épisode dépressif majeur au cours de leur vie ; les femmes étant deux fois plus touchées que les hommes.
Le n°389 (mai-juin 2007) de la revue La Santé de l’homme, revient lui aussi sur les conclusions de cette enquête

Les symptômes de la dépression peuvent être parfois très francs ou au contraire masqués – ce qui complique, dans ce cas, la prise en charge de la maladie. La dépression est caractérisée par une modification profonde de l’humeur dans le sens de la tristesse, de la souffrance morale et du ralentissement psychomoteur.
Les traits spécifiques des troubles dépressifs sont à la fois psychiques et physiques. Au plan psychique, le sujet est d’humeur triste avec perte de motivation, d’intérêt ou de plaisir pour presque toutes les activités. La sensation d’écoulement de temps est anormalement ralentie. Au plan physique, le dépressif souffre de troubles de l’appétit, de désordres digestifs, de céphalées, de palpitations, d’insomnie et de fatigue. (source : Larousse médical)
Si le patient doit suivre un parcours de soins spécifique, un des acteurs clé du dispositif est en premier lieu le médecin généraliste.
Qui du psychiatre, du psychologue, du psychothérapeute voire du psychanalyste, détient les compétences nécessaires pour venir en aide au patient ? Les traitements médicamenteux peuvent-ils être efficaces ? autant de questions abordées par plusieurs ouvrages ?

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A ce sujet, Choisir son psy, par Mickael Benyamin, éd.Déclics, 2006, répond aux questions que le futur patient peut se poser lorsqu’il décide de consulter un psychologue, un psychiatre, un psychanalyste ou un psychothérapeute. Doté d’informations pratiques, d’adresses et d’explications sur les grands courants de pensée et les différentes thérapies, il fournit au lecteur des clés pour faire le bon choix.

Le site Info-dépression reprend un panorama des différentes solutions thérapeutiques qui s’offrent à la personne dépressive.

les psychothérapies permettent, par l’échange de personne à personne, de mieux gérer la maladie, de réduire ses symptômes et leurs conséquences, de donner du sens à ce que vit le patient et de lui permettre d’envisager de nouveaux projets. Seuls les psychiatres et psychologues proposent ce traitement.

 

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Pour aller plus loin, est sorti en cette fin d’année l’ouvrage Guérir la souffrance psychique, éd.Odile Jacob. L’objectif de ce livre est d’aider à mieux comprendre comment la psychiatrie d’aujourd’hui peut guérir la souffrance psychique puisqu’elle possède maintenant les outils de guérison adaptés pour prendre en charge, quelle que soit leur intensité, les différents troubles psychiques.Le Pr Jean-Pierre Olié illustre la spécificité et la nouveauté d’une psychiatrie moderne, médecine de l’homme dans son unité, qui est en mesure d’apporter à beaucoup l’espoir de guérir.

Les antidépresseurs sont des psychotropes qui normalisent l’humeur dépressive. A ce sujet, une vidéo du site Santé-Pratique explique le développement de la dépression au niveau physiologique et explicite le rôle des antidépresseurs dans la facilitation des échanges (par les synapses) entre les neurones.

Il existe d’autres thérapies possibles :

– La stimulation magnétique transcrânienne (SMTP) consiste à stimuler le cerveau dépressif en modifiant l’activité des neurones. C’est une technique assez récente développée dans les années 1980.- La sismothérapie, qui n’a plus rien à voir avec les électrochocs d’antan (ou électroconvulsivothérapie), est un traitement effectué sous anesthésie générale qui envoie des courants électriques brefs.

– La photothérapie consiste à exposer tôt le matin le patient à une certaine quantité et qualité de lumière. Ce traitement peut être effectué à l’hôpital et, dans certains cas, à domicile, à l’aide d’une lampe spéciale.

Chaque solution thérapeutique correspond à un degré de dépression différent (léger, moyen ou sévère). Par conséquent, une alliance de ces solutions thérapeutiques est souvent inévitable : la pharmacologie agit physiologiquement et les psychothérapies accompagnent le patient. Rappelons que depuis la loi Kouchner, datant du 4 mars 2002, le traitement choisi par le soignant, doit est soumis au consentement du patient. Ceci pour que puisse s’instaurer une relation de confiance soignant-soigné. Confiance qui est primordiale pour la réussite du traitement.

Dans la mesure où l’activité et les liens sociaux sont un équilibre dans la construction de l’identité, un facteur de socialisation et un moteur de confiance en soi, le travail peut favoriser la guérison de la dépression. Il peut,hélas, être parfois à l’origine de la maladie.

Dépression et milieu professionnel : un phénomène à part ?

En ce moment, la souffrance au travail fait malheureusement la Une de la presse et devient un sujet récurrent des débats télévisés. Sans pour autant lier à tout prix la dépression au suicide, la situation dans de grandes entreprises françaises, rappelle que la souffrance au travail est une réalité. S’il est avant tout question de stress dans le milieu professionnel, la souffrance au travail englobe ces nouveaux risques auxquels les dirigeants mais aussi les pouvoirs publics doivent faire face : les risques professionnels psychosociaux.
Stress, souffrance et harcèlement font partie intégrante des nouveaux risques professionnels.
Citons à ce sujet le film documentaire Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, réalisé par Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, où, tour à tour, quatre personnes racontent leur souffrance au travail. Les professionnels spécialisés écoutent et établissent peu à peu la relation entre la souffrance individuelle du patient et les nouvelles formes d’organisation du travail.
L’INRS (institut national de recherche et de sécurité)a réalisé un dossier très complet sur le stress au travail, en reprenant tous les points importants : mécanismes et conséquences pour la santé, conséquences pour l’entreprise, démarche de prévention collective ainsi qu’un point sur la règlementation.

Le milieu professionnel est un environnement particulier où la concurrence entre individus et la contrainte de résultats règnent. Le premier touché dans ces circonstances demeure l’employé. C’est sur ce constat que débute le livre du journaliste indépendant Patrick Coupechoux.

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La déprime des opprimés : enquête sur la souffrance psychique en France, éd. Seuil, 2009, retrace, au travers ce sept situations, sept entreprises, une enquête auprès de salariés qui souffrent. L’auteur place au coeur du problème la société ; une société qui maltraite, laisse seul le sujet face aux contraintes que le monde du travail impose.  » Cet ouvrage propose un parcours empirique et intellectuel de grande ampleur « , écrit Christophe Dejours dans sa préface, dont l’originalité est de montrer que la souffrance est  » un opérateur d’intelligibilité irremplaçable de la condition humaine et de la société « .

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Enfin, Dépression, la grande névrose contemporaine, de Roland Chemama, éd.Erès, 2006, propose de rendre compte de l’importance que revêt la souffrance au travail. L’auteur tente de nous donner une définition plus précise de la dépression et les moyens de la traiter : « plutôt qu’humeur sinistre, la dépression apparait comme un désinvestissement radical du désir, associé à une paralysie de l’action, qui conjoint l’impuissance et l’utopie ».

Les pouvoirs publics ont, de leur côté, pris le parti de rechercher les différentes causes de la souffrance au travail par le biais de l’enquête Samotrace, étude sur la santé mentale au travail.
L’observatoire épidémiologique Samotrace a mobilisé 120 médecins du travail et 6000 salariés, entre 2006 et 2008, dans trois régions (Centre, Poitou-Charentes, Pays de Loire). Ainsi, 37% des femmes et 24% des hommes interrogés ont exprimé un « mal être ». Par ailleurs, les salariés soumis à une forte demande psychologique sont une fois et demie plus souvent en état de mal être que les autres. Il en est entre autre ressorti que 13% des salariés disent travailler d’une façon qui « hante leur conscience professionnelle ».
La revue Santé & Travail, dans son numéro de janvier 2009, propose une relecture des premières conclusions de l’enquête. Elle démontre de manière indiscutable la nocivité de certaines contraintes professionnelles.
L’importance de l’enquête Samotrace réside dans l’analyse descriptive par secteurs d’activités mais demeure inédite sur un critère : elle traite des risques psychosociaux au travail. A terme, l’objectif est de mettre en place un système de surveillance de la santé mentale en lien avec le travail au niveau national. D’ailleurs, après les régions Centre, Poitou-Charentes et Pays de Loire, c’est actuellement au tour des départements du Rhône et de l’Isère d’être consultés.
Les résultats de cette enquête sont consultables dans le numéro 25-26, de juin 2009, du Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié par l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS).

Longtemps, la question sensible du stress au travail est restée taboue. En novembre 2008, syndicats et patronat signaient un accord national interprofessionnel sur le stress au travail. Suite à une directive européenne, les deux parties se sont engagées à maintenir leur attention, dans le milieu professionnel, sur les signes indiquant des problèmes de stress.
Par ailleurs, le phénomène du mal-être au travail peut aboutir au phénomène de « burn out ». Ce terme, employé la première fois par Herbert J. Freudenberger, signifie littéralement « incendie intérieur », laissant l’image de personnes touchés « intérieurement » sans laisser de signe extérieur visible.
Le Larousse propose cette définition du « burn out » : »syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir. »

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Burn out : quand le travail rend malade, de Dr François Baumann, éd.Josette Lyon, 2006 répertorie les symptômes liés à ce surmenage, présente des cas concrets de burn-out et propose des solutions pour en guérir.
Citons aussi Épuisement professionnel et burn out : concepts, modèles, interventions, de Didier Truchot, éd.Dunod, 2004, qui étudie les formes d’épuisement professionnel (ou burn out) qui se caractérisent par des dégradations psychologiques et physiques liées aux interactions homme-travail.
Spécialiste de cette problématique, Christophe Dejours,professeur titulaire de la chaire de Psychanalyse-Santé-Travail au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), propose nombre d’ouvrages sur la souffrance au travail.

Parmi eux :

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Travail, usure mentale : essai de psychopathologie du travail, éd. Bayard, 2008 Cet ouvrage quelque peu pointu mais très complet propose une étude sur les souffrances psychiques engendrées par le travail. De nombreux concepts y sont abordés ; le salarié cherchant à maintenir son équilibre en occultant sa souffrance. Le rapport travail-vie privée est également traité.

La prise en compte des risques professionnels psychosociaux n’est plus à l’étude. Ils sont avérés. Les conditions de vie et de travail ayant terriblement changé au cours de ces vingt dernières années (mondialisation, crise, chômage, baisse du niveau de vie), il parait urgent que la dépression soit reconnue comme une maladie véritablement invalidante. Il est peut-être aussi et surtout urgent que les conditions de travail soient repensées ?
Pour conclure cet état des lieux sur dépression, »maladie du siècle », rappelons une fois encore que tout le monde (quel que soit l’âge, le milieu social) peut en être victime.
Si des solutions thérapeutiques existent et fonctionnent, les proches, la famille, demeurent des éléments capitaux pour la réussite du traitement. C’est souvent à l’entourage d’engager le malade à prendre conscience de son état et à se soigner.
Le site Info-dépression propose les solutions que le dépressif peut mettre en oeuvre lui-même et celles qui incombent à l’entourage. L’objectif ? – Rendre le dépressif acteur de sa thérapie et insister sur le rôle de l’entourage.

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L’ouvrage La dépression : guide à l’usage des patients et de leur entourage, de Philippe Nuss et Maurice Ferreri, éd. Bash, 2002propose d’aider les personnes souffrant de dépression à comprendre ce qui leur arrive. Il décrit l’éventail des soins mis à disposition du déprimé et il s’adresse aussi à sa famille et à ses proches afin de les aider à faire face à cette situation difficile.

L’association UNAFAM, Union nationale des amis et familles de malades psychiques, possède un site internet qui peut s’avérer utile pour le dépressif et son entourage.

Si le recours au soin est souvent indispensable en matière de dépression, si le rôle et le soutien de l’entourage est primordial, il est également possible de « s’aider soi-même », de renforcer ainsi l’efficacité du traitement, d’accélérer la guérison et d’éviter la réapparition des symptômes.

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