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On a perdu Quentin

Eric Louis

21 juin 2017. Eric Louis arrive à Bazancourt, sur le site industriel de Cristanol, l’un des sites du groupe Cristal Union (sucre Daddy, entre autres).

Son travail : cordiste. Il descend en rappel dans d’immenses silos métalliques pour détacher de gros blocs de résidus (la « drêche ») qui restent accrochés aux parois.

Le 21 juin 2017 donc, Eric Louis attend avec d’autres collègues l’équipe du matin pour prendre sa relève. Mais elle ne sort pas.

Puis Charles revient. Il nous rapporte les paroles lapidaires et définitives de Christophe, un de nos coéquipiers du matin : « On a perdu Quentin ».

Il s’agit de Quentin Zaraoui-Bruat, un jeune ouvrier de 21 ans, mort enseveli sous 370 tonnes de grains.

Eric Louis livre le récit de cette terrible journée dans On a perdu Quentin, suivi de Casser du sucre à la pioche, publié aux Editions du commun en 2018. Il y dénonce des conditions de travail extrêmement difficiles, l’intérim, la route, la fatigue, les pressions dans un secteur où les accidents du travail sont monnaie courante, et parfois mortels.

Bastamag a publié sous la plume de Franck Dépretz, le 4 janvier 2019, un article sur le sujet :

« Si vous n’y allez pas, vous n’êtes pas des hommes ! »: enquête sur la mort de Quentin, jeune technicien cordiste.

Ils étaient tous débutants, intérimaires et à peine formés. Ils devaient détacher d’énormes blocs de résidus de céréales dans des silos mal aérés et obscurs de l’agro-industrie, au sein desquels ces cordistes descendaient en rappel. L’un d’eux n’est jamais remonté : Quentin Zaraoui-Bruat est mort enseveli sous 370 tonnes de grains, le 21 juin 2017, dans la Marne. Il avait 21 ans. Pour la première fois, ses collègues des derniers instants témoignent. Nous poursuivons notre enquête sur les accidents mortels subis par les techniciens-cordistes, et les graves défaillances qu’ils révèlent en matière de sécurité.

Voir dans le catalogue de la BML

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