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Le médicament qui devait sauver l’Afrique

Guillame Lachenal

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De nos jours, si des chercheurs proposaient de tester un médicament ou un vaccin  sur des populations africaines servant de cobaye,  nous serions à juste titre scandalisés.

Et pourtant cela a déjà été fait ! Le livre de Guillaume Lachenal dévoile les dessous d’une campagne de vaccination en Afrique Occidentale Française dans les années 1940.
Dans les villages de ce qui sera un jour le Togo ou le Bénin par exemple, la population fut rassemblée et on organisa une vaccination de groupe préventive contre  la trypanosomiase africaine ou maladie du sommeil. Le produit utilisé était la pentamidine.

Pourtant on savait déjà que la pentamidine présentait des effets secondaires pouvant mettre en danger la personne traitée. On avait aussi noté après une campagne de vaccination au Cameroun qu’il fallait utiliser une solution toute prête et non de la poudre mélangée à de l’eau (dont on n’était pas sûr de la stérilité) pour limiter les accidents. Mais on continua à employer la poudre, parce qu’elle était moins chère.

On connaissait d’ailleurs si bien le produit et ses effets secondaires que la pentamidine était administrée aux blancs uniquement lorsque ceux-ci étaient malades.

C’est l’histoire de ce scandale absolu mais ignoré de beaucoup que retrace Guillaume Lachenal dans l’ouvrage Le médicament qui devait sauver l’Afrique : un scandale pharmaceutique aux colonies.

A l’heure où une pandémie mondiale interroge les sociétés sur leur gestion de la santé publique, il est intéressant de lire cette passionnante enquête autour d’une mesure de prophylaxie organisée, selon les mots de l’auteur, avec toute la bêtise dont pouvait faire preuve le pouvoir colonial français.
A lire  quand les conditions de sécurité optimales vous permettront de venir emprunter cet ouvrage dans notre bibliothèque.

Voir dans le catalogue de la BML

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One thought on “Le médicament qui devait sauver l’Afrique”

  1. Geppetto dit :

    Lecture qui me semble extrêmement importante pour comprendre ce que l’on fait subir encore aujourd’hui à l’Afrique, et ce que l’on fera aussi subir bientôt à ce même continent. Hier, l’on parlait de la vente des poulets de Tchernobyl, ou encore de la vente au rabais de la vache folle anglaise (comment s’en débarrasser en Afrique ?). Le comportement néocolonial des nations « civilisées » d’aujourd’hui n’a rien à envier à leurs paires et prédécesseurs coloniaux rassemblés autour du Traité de Berlin en 1885. Merci pour ce texte qui rafraichit nos mémoires blessées par tant de haines si naturelles à l’homme

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