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La Villa Abd-el-Tif

Un demi-siècle de vie artistique en Algérie (1907-1962)

Elisabeth Cazenave

« Sur les pentes d’une colline qui vient mourir au fond de la baie d’Alger, non loin de cette grotte où Cervantès aurait gémi dans les fers, au-dessus de ce Soudan luxuriant, tropiques acclimatés, forêt vierge rapportée, ce Jardin d’essai que Gide aima tant, mais qu’un zélé assassin aura bientôt réduit en square, il est une villa turque qui appartient aux Abd-el-Tif... », Gabriel Audisio*, Alger, été 1920

Cet ouvrage retrace l’histoire ancienne de cette villa, souvent appelée la « villa Medicis algérienne », située sur les hauteurs d’Alger, qui deviendra pour la France coloniale un lieu consacré uniquement à l’Art, aux artistes-peintres en résidence à partir de 1908.

Lieu emblématique de culture, il est à la croisée des chemins artistiques. Moins rigoureuse et renommée que sa sœur ainée, la villa Medicis à Rome, cette résidence s’ouvre plus facilement aux nouvelles tendances indépendantes de l’art moderne. Liberté de tons et de choix, elle est un creuset idéal pour ces jeunes artistes qui rechercheront plus d’épures dans leurs traits et leur style, et qui trouveront à renouveler leur regard.

Communément appelés les « Abd-el-Tif », ces pensionnaires participeront à la renommée de ce lieu, venant chercher la lumière de la ville méditerranéenne, et participant à une aventure artistique des plus originale, en contribuant à l’épanouissement du mouvement artistique algérien.

Des noms comme Jean Bouchaud, Pierre Pruvost, Albert Pommier, et bien d’autres, aujourd’hui moins connus que leurs prédécesseurs Eugène Delacroix ou Eugène Fromentin, feront la renommée et la dynamique de cette institution.

Cette aventure s’achève en 1962 au moment de l’indépendance de l’Algérie. Alors que l’écrivain Robert Randau, chef de file des Algérianistes, appelait de ses vœux une littérature, un art proprement algérien (au sens colonial du terme), qui seraient la fusion des peuples et des cultures, une nouvelle littérature et de nombreux artistes peintres éclosent, paradoxalement, au moment des indépendances, et prennent pour noms, respectivement, Mohamed Dib, Kateb Yacine, et aussi, Mohamed Khadda, M’Hamed Issiakhem, Abdallah Benanteur…

Restaurée entre 2006 et 2008, la villa a été réouverte au public depuis. Elle accueille d’innombrables artistes contemporains.

Agence Algérienne pour le rayonnement culturel

Voir dans le catalogue de la BML

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