Le mouvement du quatre cinq en Chine : Tiananmen, le 4 mai 1919

- Modifié le 11/10/2019 par Département civilisation

 

70 ans avant les événements de juin 1989, la place Tiananmen a vu les étudiants manifester contre les puissances occidentales qui, dans le cadre des accords de Versailles, ont octroyé au Japon les droits sur la province du Shandong, pays natal de Confucius.

Atrocités chinoises. Supplice de deux ministres favorables aux Européens : l’Express illustré de Lyon, n°34 du dimanche 30 Août 1900, coll. de la BmL

 

Lancée le 4 mai 1919, la lutte des étudiants rejoignait d’autres protestations qui avaient lieu dans les pays colonisés contre les métropoles, même si l’Empire du Milieu n’avait jamais réellement été une colonie. Cependant, tout au long des quatre décennies qui séparent la chute de l’Empire en 1911 et l’instauration de la République populaire de Chine en 1949, les intellectuels et militants ont systématiquement défendu les libertés fondamentales. La Nouvelle Culture qui aspirait à apporter des solutions modernes pour les problèmes de la Chine, prenait son envol et chamboulait les valeurs fondamentales de la société, issues du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme.

Dans cette pensée contestataire, la revendication des libertés de parole, d’association et de formation de nouveaux partis était primordiale. En revanche, l’égalité préoccupait moins les esprits opposants, d’où le succès auprès des Chinois de l’idée de Sun Yat Sen de mise sous tutelle de la société avant l’instauration de la démocratie. Pour comprendre les raisons de ce phénomène, il faut rappeler que le mouvement était initié par la société civile dans un régime où, en dehors du parti, il était impossible de prendre la parole.
Les contestations étudiantes, inspirées par les idées venues de l’Occident et du Japon ennemis, colorées de nationalisme, ont entraîné dans la lutte les marchands et les syndicats, mais n’avaient pas été suivies par les couches plus modestes, conservant ainsi les divisions sociales de la Chine classique. Le mouvement, bientôt polarisé entre le Kuomintang et le Parti communiste chinois, avait marqué l’entrée de la Chine dans la modernité.

 

Pour aller plus loin :

 

La Chine et la Grande Guerre, Li Ma, CNRS Editions, 2019
La grande révolution chinoise 1800 – 1989, J.K. Fairbank, Flammarion 2011
La recherche d’une ombre chinoise. Le mouvement pour la démocratie en Chine (1919 – 2004), J.-P. Béja, Seuil, 2004
La pensée des Chinois. Connaître la pensée de la Chine ancienne pour comprendre la Chine d’aujourd’hui, N. Zufferey, éd. Marabout, 2008

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