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- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - par Lydie S.

Il y a 18 ans, Bertrand Cantat portait des coups mortels à sa compagne Marie Trintignant. D’abord condamné à huit ans de prison par la justice lituanienne, il n’en fera que quatre.

Stop féminicides @wikipedia commons
Stop féminicides @wikipedia commons

Ce féminicide a fait la une des médias durant l’été 2003. “Tragédie moderne”, “héros maudit”, l’agresseur devient la victime. Les unes font référence à la passion et à l’amour du couple, minimisant alors les faits comme en témoignent ces articles :

  • Bertrand Cantat reste des nôtres, par Hélène Chatelain, Claude Faber et Armand Gatti (Le Monde, 16 aout 2003) : “Aujourd’hui, nous restons solidement convaincus que Bertrand n’est pas fait pour le rôle que l’on veut lui attribuer. Certes, il est devenu en quelques jours un personnage profondément tragique. Notre compagnon a besoin de retrouver son honneur. Au nom de ce qu’il est réellement. Un homme digne d’être considéré comme un frère”.
  • Les mots qui tuent, par Jacques Lanzmann (Libération, le 19 septembre 2003) : “On frappe pour faire taire les mots qui tuent. On frappe celle qu’on aime. […] J’en suis sûr, Bertrand Cantat ne cherchait pas la mise à mort. Il cherchait à se faire aimer davantage “.
  • L’affaire Bertrand Cantat : Marie Trintignant, l’amour battu, par Pascale Robert-Diard (Le Monde, 19 septembre 2007) : “Entre le rocker et l’actrice, c’était la passion. En cette soirée de juillet, à Vilnius en Lituanie, les tourtereaux ont une violente querelle. Le chanteur de Noir Désir lève la main droite … “
  • Bertrand Cantat, Marie Trintignant : retour sur une tragédie moderne, par Jacques Chambon (Nouvel Observateur, 23 juillet 2013) : “Il y a dix ans, la comédienne succombait sous les coups de son amant. Une histoire qui a pris une ampleur extraordinaire, jusqu’à devenir un mythe contemporain”.

Le collectif #NousToutes, très présent sur les réseaux sociaux, sensibilise aux violences sexistes ainsi qu’aux mécanismes tendant à minimiser ces violences et culpabiliser les victimes : c’est le victim-blaming.

18 ans après le meurtre de Marie Trintignant, une vidéo circule sur les réseaux sociaux de l’échange entre Lio et Muriel Cerf (Tout le monde en parle, France 2, le 07/01/2008) :

 

Pour aller plus loin :

#NousToutes, un collectif féministe ouvert à toutes et tous, constitué d’activistes dont l’objectif est d’en finir avec les violences sexistes et sexuelles dont sont massivement victimes les femmes et les enfants en France.

@Préparez-vous pour la bagarre : le compte Instagram qui décrypte les discours sexistes et antifeministes dans les médias :  les meurtres de Marie Trintignant, et plus récemment de Nathalie Maillet et Anne Lawrence Durviaux.

Derrière Bertrand Cantat en héros romantique, l’histoire d’une presse française machiste, par Hélène Combis, France culture, 12/10/2017

Les explications des « Inrocks » une semaine après leur « une » polémique avec Bertrand Cantat, Le Monde, 17 octobre 2017

Geurts Marik, « Amour, souffrance et meurtre passionnel », Empan, 2004/1 (no53)

Mercader Patricia, Houel Annik, Sobota Helga, « L’asymetrie des comportements amoureux : violences et passions dans le crime dit passionnel », Sociétés contemporaines, 2004/3 (no 55)

 

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