L’Influx évolue

À partir du printemps 2026, vous découvrirez une nouvelle formule : des sélections thématiques directement intégrées au site web de la BmL, actuellement en cours de refonte.

D’ici-là, afin de préparer cette transformation, L’Influx ne sera plus enrichi de nouveaux articles. Seuls la rubrique des Lu, vu, entendu et L’instrumentarium continueront à être mis à jour. Bien sûr, l’ensemble de nos publications passées reste accessible pour que vous puissiez les redécouvrir à tout moment

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Unsettled choruses

The Astra Choir

Cette étonnante anthologie regroupe 14 pièces pour chœur de compositeurs états-uniens de naissance ou d'exil, composées entre 1930 et 1974. Un recueil qui montre le choeur comme moyen d’expérimentation sonore, mais aussi –surtout- comme véhicule d’un sentiment ou d’un dire collectif.

La veine expérimentale est représentée par 2 pièces de Pauline Oliveros. Tuning est un bruissement continu, sans paroles. Chaque choriste reproduit une note entendue dans le chœur, puis en chante une autre de son choix, ad libitum.
One word est une genèse de la prononciation d’un mot dans un choeur. Les sons des lettres s’agrègent peu à peu pour former des phonèmes, puis des mots..
Les 3 Gesprochene musik de Toch inventent un langage onomatopéique qui culmine dans une fugue rigoureuse, où s’énoncent des toponymes du monde entier. Une suite de noms et de langues, et un alliage de sonorités bigarrées. Plus loin, diffusés à grande vitesse, ces mêmes morceaux prennent une dimension surréaliste, entre abstraction sonore et bande vocale de cartoon.



D’autres formes, d’expression plus « classique », offrent des plages sereines et épurées, où le choeur se fait assemblée.. Citons la Missa symphonica de Becker et ses accents grégoriens, ou, du même le lumineux Morning song. Dans une veine plus « terrienne » et expressive, on retient le joyeux Whe not if, folk-song de Crawford Seeger. Citons encore Dust of snow de Wolpe, sorte de berceuse rythmée, sur un poème en monosyllabes.
On touche ici à la force du choeur comme voix populaire, expression d’un vécu de communauté. De Ives à Copland ou Barber, la musique classique américaine puise volontiers dans ce fonds profane et religieux, naturaliste et spirituel.

Le saisissant Do it de Robert Erickson offre une belle synthèse de ces tendances. Drone, scansion syllabique, murmures et souffles, voix de speaker, percussions métalliques.. Un dispositif éloquent et captivant, pour figurer la tension politique et les espoirs de l’année 1968.

Voir dans le catalogue de la BML

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