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Annie Ernaux en six titres

- Modifié le 07/10/2022 mj

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Enfin Annie Ernaux reçoit le prix Nobel de littérature.

« Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues » (Le jeune homme – Gallimard 2022)

On annonçait Salman Rushdie ou encore Michel Houellebecq. C’est finalement Annie Ernaux qui se voit attribuer le prix Nobel de littérature 2022. C’est une excellente nouvelle.

Si pour vous ce nom est une découverte, vous êtes bien chanceux. Voici quelques pistes pour entrer dans la vaste et riche bibliographie de cette autrice incontournable qui « écrit la vie ». Car même si on a envie de tout lire ou relire il faut bien commencer quelque part.

Icône féministe. Autrice engagée. Annie Ernaux pose un regard sur le monde qui l’entoure depuis son expérience de femme. Mais pas que. Comme elle le dit justement en conclusion de son livre Les Années, son travail d’écriture consiste en quelque sorte à « Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais », sauver « toutes les images [qui] disparaîtront ».

Le matériau autobiographique est au centre de son œuvre, qu’elle façonne brillement depuis bientôt 50 ans. Cette œuvre féministe et sociale traverse les générations en racontant un vécu tout autant intime que collectif par le prisme de l’histoire personnelle : celle d’une enfant issue d’un milieu humble et populaire (La Place), celle d’une étudiante qui se fait avorter clandestinement (L’Evènement), celle d’une mère, celle d’une femme divorcée puis celle d’une femme en proie à la passion amoureuse (Passion simple).

Une écriture qui transporte, qui bouleverse, qui surprend aussi. Mais avant tout une écriture qui accompagne et à laquelle on revient régulièrement comme pour se retrouver.

Voici donc 6 titres donc pour commencer à lire ou relire Annie Ernaux :

La Place, Gallimard, 1983
Le récit d’un père et de sa fille. Cette fille, Annie Ernaux, refuse l’oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite  » place au soleil « . Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait :  » Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre « . Ce récit dépouillé possède une dimension universelle.

Une femme, Gallimard, 1988
Annie Ernaux retrace la trajectoire de sa mère décédée de la maladie d’Alzheimer, en la replaçant dans un champ plus vaste celui de l’histoire la société. Elle tente de saisir la vie et la réalité de cette femme ainsi que de dessiner le portrait d’une certaine classe sociale.

Passion simple, Gallimard, 1991

« A partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi. » Récit d’une relation amoureuse passionnelle. Ce texte traduit très justement de l’intérieur les tourments de l’impatience, l’errance obsessionnelle à la fois pressante et galvanisante de la passion amoureuse.

L’Evènement, Gallimard, 2000
Quatre ans avant la légalisation de la pilule contraceptive et douze ans avant la loi Veil, elle décrit le parcours du combattant d’une jeune étudiante pour avorter.

Les Années, Gallimard, 2008
Cette fresque sociale retrace 60 ans de l’histoire collective avec le récit de l’existence personnelle de l’autrice tout en mettant de la distance avec l’usage de la troisième personne.

Mémoire de fille, Gallimard, 2016
« S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été. » Annie Ernaux près de 60 ans plus tard se penche sur l’année de ses 18 ans, l’été 1958. Dans un va et vient incessant entre la fille de 58 et celle d’aujourd’hui, l’autrice fait part de ses souvenirs de sa première nuit avec un homme et des répercussions sur la femme qu’elle est devenue.

 

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