Théâtre

Kamishibaï ou l’art du conteur à vélo

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 25/05/2019 par le fonctionnaire inconnu

Le printemps est là !! Vous avez envie de faire un petit tour à vélo et vous aimez raconter des histoires aux enfants ? Le kamishibaï pourrait revivre grâce à vos mollets inspirés...

© Giyu (Velvia) / Flickr
© Giyu (Velvia) / Flickr

Le kamishibaï (kami : papier / shibaï : théâtre) est une forme de conte qui tire ses origines des temples bouddhistes japonais du XIIème siècle. Les moines utilisent alors des parchemins imagés pour raconter des histoires, souvent morales, à un auditoire non lettré et plutôt adulte.

Des enfants plein les rues !

Devenu spectacle de rues en prenant la forme de petits théâtres d’images à partir du XVIIe siècle, le kamishibaï connaît son apogée à partir des années 1920 avec l’apparition des gaito kamishibaiya. Les conteurs circulent désormais à vélo, de village en village, emportant avec eux leur petit théâtre bois (butaï).

Grâce aux séries de planches illustrées glissées à l’intérieur du butaï, le narrateur peut alors faire défiler des séries d’images aux yeux des spectateurs,  au ralenti, tout en lisant un texte situé au verso de celles-ci.

  • A voir cette vidéo datant de 1959 dans laquelle des enfants japonais assistent à une séance de kamishibaï :

A son arrivée, le conteur frappe deux bouts de bois l’un contre l’autre et la représentation peut commencer. Le spectacle est gratuit… ou presque, puisque le conteur gagne sa vie en vendant des bonbons au public, essentiellement constitué d’enfants. Les enfants qui achètent des bonbons au conteur ayant alors droit aux meilleurs sièges…

Il s’agit souvent de feuilletons dont la suite est donnée à chaque nouvelle visite au village. Plus de 10 000 personnes gagnent alors leur vie, parmi lesquels de nombreux futurs dessinateurs de manga. Mais l’histoire du kamishibaï connaît un brusque coup d’arrêt dans les années 60 : les enfants désertent les rues désormais monopolisées par les voitures et se réfugient à la maison devant leur poste de télévision…

Un nouvel outil pédagogique

Depuis quelques années, cette forme poétique de théâtre narratif renaît sous la forme d’ateliers pour enfants, enseignants et bibliothécaires. C’est en effet un outil idéal pour l’apprentissage actif des langues, qui favorise également l’apprentissage de la lecture. Le kamishibaï est aussi utilisé au Japon dans les écoles primaires pour enseigner des matières comme la biologie, l’histoire ou même l’éducation sexuelle !…

  • Voir cette vidéo du Réseau Canopée (sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale) offrant une représentation, en japonais s’il-vous-plaît, ainsi que des explications sur les possibilités pédagogiques offertes par le kamishibaï :

Les éditions Callicéphale, qui se sont fait une spécialité du kamishibaï, ont fait paraître un livre absolument indispensable et unique consacré au sujet : La boîte magique.

Sélection d’histoires & DIY

Il existe désormais de très nombreux albums disponibles pour un usage professionnel mais aussi évidemment personnel :

aux éditions Callicéphale (26)

Une collection existe également aux éditions La Nacelle, avec des auteurs tels que Albert Jacquard, Janosch ou Yak Rivais.

Vous trouverez une sélection de livres écrits pour le kamishibaï sur le site du Groupement valaisan des bibliothèques.

Cerise sur le gâteau, voici pour finir les plans d’un kamishibaï que vous pourrez réaliser de vos propres mains ! Il ne vous restera plus alors qu’à le fixer sur votre bicyclette et sillonner les environs pour espérer ravir les enfants d’aujourd’hui !!!

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